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Maria Pourchet, Un été avec Romain Gary. Vingt huit lettres d’amour à l’homme aux deux Goncourt.
Romain Gary, deux Goncourt sous deux noms, une vie à refuser l’assignation identitaire. À dix sept ans, Maria Pourchet y a trouvé sa vocation. Elle lui écrit vingt huit lettres. Équateurs / France Inter, 2026. Une leçon de liberté.
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Romain Gary est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le prix Goncourt. Le premier sous son nom, en 1956. Le second sous un faux nom, Émile Ajar, en 1975, en se cachant si bien que personne ne l’a démasqué de son vivant. Quarante livres, huit pseudonymes, une seule obsession : ne jamais se laisser enfermer dans une identité.
À dix sept ans, Maria Pourchet tombe sur Les Enchanteurs et y trouve une vocation. Trente ans plus tard, elle lui écrit. Un été avec Romain Gary, c’est vingt huit lettres d’amour à l’écrivain qui l’a faite écrivaine.
Une déclaration en vingt huit lettres
Le livre naît de la collection d’été de France Inter, et d’une série d’émissions diffusée pendant l’été 2024. Pourchet n’écrit pas une biographie froide. Elle adresse vingt huit lettres directement à Gary, ce qu’elle appelle un tango littéraire. Elle relit le Lituanien exilé devenu héros de la France libre, le diplomate en poste en Amérique, le romancier qui s’est démultiplié. Le ton est gai, amoureux, sensible. On lit une écrivaine qui parle à son maître comme à un vivant.
Le refus de l’assignation
Le cœur du livre tient dans une expression que Gary redoutait, l’assignation identitaire. Recommencer, revivre, fut, disait il, la plus grande tentation de son existence. Ajar, c’est exactement ça : refuser d’être enfermé dans son propre nom, dans son succès, dans sa légende. Pourchet, romancière de l’identité et du désir, autrice de Feu et de Western couronné du prix de Flore, trouve en Gary un frère d’armes : l’homme qui transforme l’exil et la douleur en fiction et en humour, plutôt que de s’y soumettre.

« Recommencer, revivre, fut la plus grande tentation de mon existence. »
Romain Gary, cité par Maria Pourchet
Pourquoi le lire
Parce que c’est court, vivant, et que ça rend l’envie de tout relire. À lire si vous croyez qu’on naît avec une seule identité et qu’on doit s’y tenir toute sa vie. Gary a prouvé le contraire, deux fois, sous deux noms, avec deux Goncourt. Pourchet en fait une leçon de liberté adressée à celui qui la lui a apprise. C’est une lettre d’amour, et les lettres d’amour, quand elles sont vraies, parlent toujours un peu de nous.
NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER
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