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Georges Bensoussan, Une nouvelle histoire du sionisme. Mille pages pour sortir du slogan.
L’historien traite le sionisme comme une question d’histoire : un nationalisme du XIXe siècle, antérieur à la Shoah, né en réponse à la judéophobie européenne. Gallimard, Folio Histoire, 1048 pages. Une thèse assumée et discutée, étayée par les archives.
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Mille pages pour traiter le sionisme non pas comme un slogan, mais comme une question d’histoire. C’est le pari de Georges Bensoussan : remonter avant la Shoah, avant l’État d’Israël, jusqu’aux années 1860, pour montrer d’où vient l’idée et comment elle s’est formée.
Une nouvelle histoire du sionisme est une somme d’historien. On peut discuter sa thèse, d’autres lectures de cette histoire existent, mais on ne peut pas lui reprocher de manquer d’archives.
La thèse, présentée comme la sienne
Bensoussan soutient que le sionisme est un nationalisme du XIXe siècle, né dans le sillage de la Révolution française, de la sécularisation et des nationalismes européens, en réponse à la persistance de la judéophobie malgré l’émancipation juridique des Juifs. Sa formule, sur la quatrième de couverture : opprimés comme peuple, les Juifs devaient se libérer comme nation. Point central de sa lecture, qu’il assume comme une interprétation et que d’autres historiens discutent : le sionisme ne procède pas d’Auschwitz, il lui est très antérieur.
Une somme, pas un pamphlet
Mille quarante huit pages, trois parties, des origines de 1860 à 1914, l’exil et l’enracinement, puis l’édification de l’État de 1914 à 1950, avec cartes, glossaire et chronologies. C’est la reprise enrichie d’un ouvrage paru en 2002. Bensoussan y traite la diversité des courants : le sionisme politique de Herzl, le sionisme culturel, le sionisme travailliste, et jusqu’au Yishouv séfarade qu’il appelle l’origine oubliée de l’État juif. De l’histoire intellectuelle, pas une prise de position sur l’actualité.
Qui écrit, et pourquoi ça compte
Bensoussan est un historien français, longtemps responsable éditorial au Mémorial de la Shoah et rédacteur en chef de la Revue d’histoire de la Shoah, spécialiste reconnu de l’antisémitisme et du monde juif. À signaler séparément, car sans rapport avec ce livre : il a été poursuivi puis relaxé définitivement, jusqu’en Cour de cassation, pour des propos tenus en 2015. Cette affaire judiciaire est distincte de l’ouvrage et n’en éclaire pas le contenu.

« Opprimés comme peuple, les Juifs devaient se libérer comme nation. »
Une nouvelle histoire du sionisme
Pourquoi le lire
À lire si vous voulez sortir du slogan, dans un sens comme dans l’autre, et voir d’où vient réellement une idée qui structure encore l’actualité. C’est dense, long, savant. On n’est pas tenu de partager la lecture de Bensoussan, et plusieurs historiens la discutent. Mais traiter le sionisme comme une question d’histoire, avec des archives plutôt que des invectives, est en soi un geste rare et utile par les temps qui courent.
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