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Roland Rossier, La Suisse et l’argent sale. Le secret bancaire est mort, vive l’argent sale.
La Suisse a enterré le secret bancaire en grande pompe il y a dix ans. L’argent des dictateurs, des cartels et des caïds passe toujours par Genève et Zurich. Trente quatre récits, soixante ans d’affaires. Livreo-Alphil, 2019. Une enquête qui ne crie pas, elle documente.
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Il y a dix ans, sous la pression de Washington et de Bruxelles, la Suisse annonçait en grande pompe la mort du secret bancaire. Roland Rossier a une mauvaise nouvelle : le mort se porte très bien. L’argent des dictateurs, des cartels et des caïds continue de transiter par Genève et Zurich.
La Suisse et l’argent sale raconte soixante ans de coffre fort helvétique en trente quatre récits. C’est une enquête, pas un pamphlet, et c’est précisément ça qui fait mal.
Soixante ans, trente quatre histoires
Rossier déroule les affaires une à une. La corruption de la face obscure du football logée dans des comptes suisses, les fonds d’anciens tyrans, les caïds du crime organisé, les cartels colombiens et mexicains, l’argent occulte venu du Brésil, du Venezuela, de Malaisie, les comploteurs de la loge maçonnique P2, et des morts violentes, parfois inexpliquées, survenues à Genève. Trente quatre récits qui composent une histoire de la finance suisse vue par sa cave.
Le journaliste qui n’a pas peur des noms
Roland Rossier est journaliste économique à la Tribune de Genève, ancien chef de rubrique, deux fois lauréat du prix Dumur. Un détail dit l’homme : en 2002, il a été poursuivi en diffamation par Yeslam Bin Ladin, le beau frère d’Oussama, puis blanchi par le Tribunal fédéral. Il connaît le prix d’écrire ces choses là, et il les écrit quand même.
La question qui reste
Le livre ne crie pas, il documente, et c’est plus efficace. Il pose la seule question qui compte : si le secret bancaire est officiellement mort, pourquoi la place financière suisse résiste-t-elle aussi bien ? La réponse affleure à chaque page. La mort du secret bancaire fut une cérémonie, pas une rupture. Le coffre fort a simplement changé de serrure.

« La place financière résiste. Pourquoi ? Comment ? Jusqu’à quand ? »
La Suisse et l’argent sale · quatrième de couverture
Pourquoi le lire
Deux cent quatre vingt dix pages, trente quatre affaires, et une leçon : l’argent sale n’a pas besoin de paradis lointains, il a la Suisse, au cœur de l’Europe, en costume trois pièces. À lire si vous croyez que le blanchiment se passe ailleurs, dans des îles à palmiers. Il se passe à une heure d’avion, sous la neige, dans des banques très polies qui vous souhaitent une excellente journée.
THEY SAGAN · LECTURES DES SŒURS · HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER
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