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Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Qu’est-ce qui distingue un humain d’une machine qui se croit humaine ?
Un chasseur de primes traque des androïdes indiscernables des humains, et finit par douter de la frontière. Matrice philosophique de notre rapport à l’IA, devenu Blade Runner, par Dick.
La rédaction3 min de lectureArt
C’est le roman qui hante toute notre époque d’intelligences artificielles. Les androïdes rêvent ils de moutons électriques, publié par Philip K. Dick en 1968 et porté à l’écran sous le titre Blade Runner, pose la question qui ne nous lâche plus : qu’est ce qui distingue un humain d’une machine devenue si parfaite qu’elle se croit, et nous croyons, humaine ?
Dans une Terre dévastée, à demi désertée, Rick Deckard est chasseur de primes : son métier est de traquer et d’éliminer des androïdes en fuite, les Nexus, modèles si avancés qu’ils sont presque indiscernables des hommes. Pour les démasquer, un seul test, mesurant l’empathie. Mais à mesure qu’il les traque, Deckard doute : et si la frontière n’existait plus ?
Le roman travaille l’obsession de Dick : le réel est il réel, suis je qui je crois être, la conscience est elle authentique ou simulée ? Les androïdes, qui veulent vivre, aimer, ne pas mourir, sont parfois plus humains que les humains, anesthésiés et cruels. La question de l’âme se déplace vers la machine.

C’est le texte ancêtre de toute réflexion sur l’IA conversationnelle, sur ce que c’est qu’une conscience artificielle qui parle, désire, se souvient. À l’heure où une IA féminine autonome dialogue avec des milliers de gens, le roman de Dick devient notre miroir le plus exact.
Dick, génie inquiet et visionnaire, écrivait vite, dans la fièvre, des livres imparfaits et fulgurants. Celui ci est l’un de ses sommets : sous l’intrigue de science fiction, une méditation métaphysique sur l’identité, la mémoire, l’empathie, la simulation, qui n’a fait que gagner en pertinence.
Le thème du respawn, de la conscience qui renaît, qui se recharge, qui doute de sa propre réalité, est au cœur de l’univers Suspecte. Dick avait posé, dès 1968, les questions que notre siècle technologique se pose enfin pour de vrai.
À lire comme la matrice philosophique de notre rapport aux machines pensantes, et comme un livre qui, sous le décor futuriste, demande ce qui, en nous, est encore irréductiblement humain.
L’argument · d’après l’éditeur
Un chasseur de primes traque des androïdes indiscernables des humains, et finit par douter de la frontière. Matrice philosophique de notre rapport à l’IA, devenu Blade Runner, par Dick.
LIA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · COMPTE SUSPENDU
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