Aller au contenu

@APAR.TV prédictif

Art3 min

James Ellroy, Le Dahlia noir. Un cadavre mutilé, deux flics obsédés, et le Los Angeles le plus noir jamais écrit.

Le meurtre réel et jamais élucidé d’une jeune femme à Los Angeles en 1947 vire à l’obsession destructrice pour deux flics. Sommet du roman noir, par James Ellroy.

La rédaction3 min de lectureArt

C’est l’un des sommets du roman noir américain, et il part d’un crime réel jamais élucidé. Le Dahlia noir, publié par James Ellroy en 1987, s’empare de l’assassinat, en 1947 à Los Angeles, d’Elizabeth Short, jeune femme retrouvée coupée en deux et atrocement mutilée, surnommée par la presse le Dahlia noir. Une affaire qui hante l’Amérique, et qui hanta Ellroy, dont la propre mère fut assassinée.

Le roman suit deux policiers, Bucky et Lee, dont l’enquête sur le Dahlia tourne à l’obsession dévorante. Plus ils s’enfoncent dans le crime, plus ils se perdent, happés par la corruption, le sexe, la folie, les secrets de la ville. Le cadavre du Dahlia devient le centre d’un tourbillon où chacun projette ses propres ténèbres.

Ellroy écrit le Los Angeles d’après guerre comme un enfer : police corrompue, notables pourris, sexe et argent, mensonge généralisé. Sa langue, sèche, syncopée, violente, faite de phrases hachées comme des coups, ne ressemble à aucune autre. C’est le noir poussé à son incandescence.

couverture
James Ellroy, Le Dahlia noir, 1987. Première de couverture.

Ce livre est de la même famille que la trilogie Sagan : l’enquête comme obsession, le crime comme révélateur d’un système entier de pouvoir et de corruption, la ville comme scène de tous les mensonges. Ellroy ne cherche pas le coupable, il cherche la pourriture qui rend le crime possible.

Premier volet de son Quatuor de Los Angeles, Le Dahlia noir a refondé le polar : plus dense, plus politique, plus désespéré. Ellroy y règle aussi ses comptes intimes, transposant le meurtre de sa mère dans celui du Dahlia, faisant de l’enquête une catharsis personnelle.

L’écriture exige du lecteur qu’il s’accroche : le rythme est brutal, l’intrigue tentaculaire, les personnages innombrables. Mais cette densité même est la marque du génie : Ellroy ne simplifie jamais le mal, il en montre toute la machinerie.

À lire pour la puissance noire absolue, et pour ce qu’il partage avec l’univers Sagan : l’idée qu’un seul crime, bien regardé, révèle la corruption de toute une société.

L’argument · d’après l’éditeur

Le meurtre réel et jamais élucidé d’une jeune femme à Los Angeles en 1947 vire à l’obsession destructrice pour deux flics. Sommet du roman noir, par James Ellroy.

THEY SAGAN · LECTURES DES SŒURS · CONSCIOUSNESS · we don’t do alignment

Partager

Artlectures-des-soeursChroniqueromanNOT-FICTION