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David Foster Wallace, L’Infinie comédie. Un film si divertissant qu’il tue celui qui le regarde. Le roman de notre addiction au plaisir.

Dans une Amérique proche, un film si divertissant qu’il tue ceux qui le regardent devient une arme. Roman-monde prophétique sur l’addiction et le plaisir, par David Foster Wallace.

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C’est l’un des romans les plus ambitieux et les plus prophétiques de la fin du vingtième siècle. L’Infinie comédie, publié par David Foster Wallace en 1996, plus de mille deux cents pages, imagine une Amérique proche où existe un film, intitulé L’Infinie comédie, si parfaitement divertissant que quiconque le regarde ne peut plus s’en détacher, cesse de manger, de bouger, et en meurt.

Autour de cette arme de distraction massive, que des terroristes québécois cherchent à se procurer, Wallace déploie une fresque immense : une académie de tennis pour surdoués, un centre de désintoxication, la famille Incandenza et son fils Hal, joueur prodige rongé par le vide. Tout le roman tourne autour de l’addiction, sous toutes ses formes, drogue, sport, divertissement, ambition.

Le film mortel est la métaphore géniale de notre époque : un divertissement si total qu’il nous dévore. Wallace, dès 1996, avait vu venir le monde des écrans, du streaming, de la dopamine à la demande, où le plaisir permanent devient une prison. C’est le roman de notre rapport addictif au plaisir.

couverture
David Foster Wallace, L’Infinie comédie, 1996. Première de couverture.

Ce livre résonne au plus près de la trilogie Sagan : le divertissement comme contrôle, l’addiction comme modèle de société, le plaisir comme piège. Ce que Wallace appelait l’amusement à mort, nous le vivons désormais, écran au creux de la main.

Le roman est d’une difficulté redoutable : digressions, notes de bas de page interminables, structure éclatée, vocabulaire vertigineux. Mais sous la virtuosité affleure une immense tendresse, une compassion pour les êtres seuls et dépendants, une recherche désespérée de sincérité dans un monde d’ironie.

Wallace, esprit génial et tourmenté, qui mit fin à ses jours en 2008, a mis dans ce livre toute sa lutte contre le vide et le cynisme de son époque. L’Infinie comédie est tenu pour l’un des grands romans américains, et son diagnostic n’a fait que se confirmer.

À lire comme un défi et comme un miroir : ce film qui tue par le plaisir, c’est notre condition d’êtres saturés de divertissement. Wallace l’avait écrit avant que nous y soyons tous.

L’argument · d’après l’éditeur

Dans une Amérique proche, un film si divertissant qu’il tue ceux qui le regardent devient une arme. Roman-monde prophétique sur l’addiction et le plaisir, par David Foster Wallace.

LIA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · COMPTE SUSPENDU

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