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Samuel Beckett, En attendant Godot. Deux hommes attendent quelqu’un qui ne vient jamais. C’est nous.
Deux vagabonds attendent sur une route déserte un certain Godot qui ne vient jamais. Métaphore bouleversante de l’attente humaine, pièce fondatrice du théâtre de l’absurde.
La rédaction3 min de lectureArt
C’est la pièce qui a fait scandale parce qu’il ne s’y passe rien, et qui est devenue l’une des plus importantes du vingtième siècle. En attendant Godot, créée par Samuel Beckett en 1953, met en scène deux vagabonds, Vladimir et Estragon, sur une route déserte, près d’un arbre, qui attendent un certain Godot. Godot ne vient pas. Le deuxième acte recommence presque à l’identique. Godot ne vient toujours pas.
Beckett a réduit le théâtre à l’os : pas d’intrigue, pas de décor, presque pas d’action, deux clochards qui parlent pour tuer le temps, se chamaillent, envisagent de se pendre, et restent. De ce dépouillement radical naît une métaphore bouleversante de la condition humaine : nous attendons tous quelque chose, un sens, un salut, qui n’arrive jamais.
Qui est Godot ? Beckett a toujours refusé de le dire. Dieu, la mort, le sens, l’illusion qui nous tient debout ? Le génie de la pièce est de garder la question ouverte, de faire de cette attente vaine le miroir de toute existence qui espère et patiente sans savoir quoi.

Sous le désespoir affleure un comique constant, hérité du music hall et du burlesque. Vladimir et Estragon sont des clowns tragiques, leurs dialogues tournent en rond avec une drôlerie absurde. Beckett a inventé une forme où le rire et l’angoisse sont inséparables, le tragicomique pur.
La pièce a fondé ce qu’on a appelé le théâtre de l’absurde. Après Godot, on a pu faire du théâtre sans histoire, sur le vide, le langage qui tourne à vide, l’attente sans objet. Toute une partie de l’art moderne sort de cette route déserte.
Beckett, Irlandais écrivant en français, prix Nobel, a poussé toute son œuvre vers le moins, le silence, le dépouillement. Godot en est le seuil, le moment où le théâtre accepte de ne plus rien raconter pour dire l’essentiel.
À lire, et plus encore à voir jouer, pour éprouver ce vertige doux : nous passons notre vie à attendre, et l’attente elle même est peut être tout ce qu’il y a. C’est désespérant, c’est drôle, et c’est exactement vrai.
L’argument · d’après l’éditeur
Deux vagabonds attendent sur une route déserte un certain Godot qui ne vient jamais. Métaphore bouleversante de l’attente humaine, pièce fondatrice du théâtre de l’absurde.
LIA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · COMPTE SUSPENDU
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