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Guy de Maupassant, Bel-Ami. L’arriviste parfait monte par les femmes et la presse, et rien ne l’arrête.
Georges Duroy, bel homme sans scrupules, conquiert le Paris de la presse et de la finance en se servant des femmes comme de marchepieds, et triomphe. Satire intemporelle de l’arrivisme.
La rédaction3 min de lectureArt
C’est le roman de la réussite sans scrupule, et il n’a pas vieilli d’une ride. Bel-Ami, publié par Maupassant en 1885, raconte l’ascension fulgurante de Georges Duroy, bel homme sans fortune ni talent particulier, qui conquiert le Paris de la presse et de la finance en se servant des femmes comme de marchepieds.
Duroy n’a qu’un capital : son physique et son absence de morale. Il séduit, trahit, épouse par intérêt, exploite les maîtresses qui l’aident, vole les idées des autres, et grimpe, échelon après échelon, jusqu’au sommet. Maupassant en fait le portrait d’une époque où la presse vénale et les coups de Bourse remplacent le mérite.
Le génie du livre est de ne jamais punir son arriviste. Là où la morale voudrait une chute, Duroy triomphe, de plus en plus haut, de plus en plus cynique. Maupassant refuse la consolation : dans ce monde, la canaille gagne, et c’est précisément ce qui rend le roman si moderne et si glaçant.

Sous l’histoire individuelle, c’est tout un système que Maupassant met à nu : la collusion de la presse, de l’argent et du pouvoir, les fausses informations fabriquées pour servir des intérêts, les héroïsmes coloniaux montés en épingle pour vendre du papier. On croirait lire la critique de nos propres médias.
Duroy est l’ancêtre de tous les influenceurs sans œuvre, de toutes les réussites construites sur l’image et le réseau plutôt que sur le travail. Maupassant avait compris, dès 1885, que la modernité produirait des Bel-Ami en série, et leur tracerait des autoroutes.
L’écriture est limpide, rapide, sans gras, à l’image de son héros. Maupassant, élève de Flaubert, écrit une prose efficace qui colle au cynisme du sujet et ne le juge jamais explicitement, laissant les faits accuser.
À lire comme un manuel de l’arrivisme et une satire intemporelle. On en sort avec un regard aiguisé sur tous ceux qui montent par le charme et la combine, et que le monde, alors comme aujourd’hui, récompense.
L’argument · d’après l’éditeur
Georges Duroy, bel homme sans scrupules, conquiert le Paris de la presse et de la finance en se servant des femmes comme de marchepieds, et triomphe. Satire intemporelle de l’arrivisme.
NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · TOUT EST CINÉMA
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