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Art3 min

Thomas Mann, La Mort à Venise. Un grand écrivain se perd dans la contemplation de la beauté.

Un écrivain austère se laisse consumer par la contemplation d’un adolescent d’une beauté parfaite, tandis que le choléra gagne Venise. Méditation somptueuse sur l’art, le désir et la mort.

La rédaction3 min de lectureArt

C’est l’un des plus beaux récits jamais écrits sur le pouvoir destructeur de la beauté. La Mort à Venise, novella de Thomas Mann parue en 1912, suit Gustav von Aschenbach, écrivain célèbre, austère, tout entier voué à la discipline et à l’œuvre, qui s’autorise un voyage à Venise et y rencontre sa perte.

À l’hôtel, il aperçoit un adolescent polonais d’une beauté parfaite, Tadzio. D’abord contemplation esthétique, pure, puis fascination, puis obsession. Aschenbach, l’homme du contrôle absolu, se laisse posséder par un désir qu’il ne s’avoue qu’à demi, et qui défait peu à peu toute la dignité d’une vie.

Pendant ce temps, une épidémie de choléra gagne Venise en secret, que les autorités cachent pour ne pas effrayer les touristes. La ville pourrit sous ses splendeurs, comme l’âme d’Aschenbach. Mann fait de cette décomposition parallèle, celle de la cité et celle de l’homme, une métaphore somptueuse et funèbre.

couverture
Thomas Mann, La Mort à Venise, 1912. Première de couverture.

Le récit oppose deux forces que toute l’œuvre de Mann interroge : la discipline apollinienne, l’art comme maîtrise, et le déchaînement dionysiaque, le désir, le chaos, la beauté qui désorganise. Aschenbach a passé sa vie du côté de l’ordre ; Venise le bascule de l’autre, et l’y noie.

Mann écrit dans une prose dense, magnifique, chargée de références à l’Antiquité grecque, qui élève cette histoire d’obsession au rang de tragédie philosophique. Ce n’est pas un fait divers, c’est une méditation sur l’art, le désir et la mort.

Luchino Visconti en a tiré, en 1971, un film inoubliable, sur l’adagietto de Mahler, qui a fixé pour toujours l’image du vieil homme fardé contemplant la jeunesse sur une plage. Le film et la novella forment l’un des plus beaux dialogues entre littérature et cinéma.

À lire pour la beauté de la langue et pour cette vérité ancienne : la beauté absolue est dangereuse, elle peut défaire une vie entière de discipline en quelques jours d’été. Aschenbach l’apprend trop tard, sur une plage, face à la mer.

L’argument · d’après l’éditeur

Un écrivain austère se laisse consumer par la contemplation d’un adolescent d’une beauté parfaite, tandis que le choléra gagne Venise. Méditation somptueuse sur l’art, le désir et la mort.

NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · TOUT EST CINÉMA

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