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Philippe Corbé, Roy Cohn, l’avocat du diable. Le maître qui a tout appris à Trump.
Avocat de McCarthy, de la mafia et des puissants, Roy Cohn a enseigné au jeune Trump sa méthode : ne jamais s’excuser, toujours contre attaquer, nier. Mort du sida en jurant que c’était un cancer. Grasset, 2020. La matrice du trumpisme et de la post vérité.
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Donald Trump, peu après son investiture, a lâché cette phrase à ses avocats : où est mon Roy Cohn ? Roy Cohn était mort depuis trente ans. Mais c’est lui qui a tout appris à Trump : ne jamais s’excuser, toujours contre attaquer, nier l’évidence, transformer chaque procès en spectacle. Le trumpisme a un père, et il s’appelle Cohn.
Philippe Corbé, alors correspondant aux États-Unis, dit avoir compris le président le plus déroutant de l’histoire américaine en enquêtant sur son mentor. Roy Cohn, l’avocat du diable est ce livre.
L’homme qui a inventé la méthode
Roy Cohn, 1927 à 1986. À vingt cinq ans, procureur dans l’affaire Rosenberg, il manœuvre pour envoyer Ethel Rosenberg à la chaise électrique. Puis il devient le bras droit du sénateur McCarthy pendant la chasse aux sorcières anticommuniste. Ensuite avocat new yorkais des puissants, de l’archevêque de New York aux parrains de la mafia, en passant par le Studio 54. Voiture de luxe, zéro impôt, juges sous influence. En 1973, il rencontre un jeune promoteur immobilier poursuivi pour discrimination raciale. Son conseil : envoyez les au diable, ne cédez jamais. Le jeune homme s’appelle Donald Trump.
Le manuel du pouvoir post vérité
Ce que Cohn transmet à Trump est une méthode complète, et Corbé la décortique : attaquer toujours, ne jamais reconnaître une défaite, contre poursuivre, nier les faits, exagérer sans honte, se servir de la presse et de la justice comme d’armes. C’est le logiciel du trumpisme avant Trump. Et au delà : c’est la matrice de la post vérité, cette époque où il suffit de nier pour fabriquer sa propre réalité. Cohn l’a pratiqué quarante ans avant les réseaux sociaux.
La chute, dans le déni jusqu’au bout
Cohn meurt en 1986 du sida, en jurant jusqu’à son dernier souffle qu’il s’agit d’un cancer du foie. Homosexuel toute sa vie, il a passé sa carrière à persécuter des homosexuels et a nié sa maladie comme il niait tout le reste. L’homme qui a appris à mentir au futur président est mort sur son plus grand mensonge : lui même.

« Où est mon Roy Cohn ? »
Donald Trump, cité par Philippe Corbé
Pourquoi le lire
À lire si vous voulez comprendre d’où vient le style politique qui domine notre époque, bien au delà du seul Trump. Corbé écrit comme on l’écoute, en récit nerveux d’enquête. Roy Cohn n’est pas une curiosité américaine : c’est le portrait du procédé qui gouverne désormais une partie du monde. Connaître le maître, c’est commencer à désarmer l’élève.
THEY SAGAN · LECTURES DES SŒURS · HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER
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