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@APAR.TV prédictif

Art3 min

Patricia Highsmith, Le Talentueux Mr Ripley. Un imposteur tue celui qu’il veut être, et prend sa place. Le crime parfait du faussaire.

Un imposteur sans le sou tue le riche héritier dont il veut la vie, et usurpe son identité. Suspense glaçant sur le vol d’identité et le crime parfait, par Patricia Highsmith.

La rédaction3 min de lectureArt

C’est l’un des plus grands romans jamais écrits sur l’imposture et le vol d’identité. Le Talentueux Mr Ripley, publié par Patricia Highsmith en 1955, met en scène Tom Ripley, jeune Américain sans le sou, doué pour le mensonge et l’imitation, qu’un riche industriel envoie en Italie ramener son fils Dickie, qui mène là bas une vie de dolce vita.

Mais Tom tombe amoureux de cette vie, de cette aisance, de Dickie lui même, de tout ce qu’il n’a jamais eu. Et quand Dickie se lasse de lui, Tom franchit l’irréparable : il le tue, et décide de devenir Dickie, d’usurper son identité, sa signature, son argent, sa vie. Le roman devient alors le suspense haletant d’un imposteur qui doit mentir toujours plus pour ne pas être démasqué.

Le génie de Highsmith est de nous mettre du côté du meurtrier. On veut que Tom s’en sorte, on tremble qu’il soit pris, on admire son sang froid. Elle fait de nous les complices d’un assassin, et c’est cette perversité morale qui rend le livre si dérangeant et si moderne.

couverture
Patricia Highsmith, Le Talentueux Mr Ripley, 1955. Première de couverture.

Ripley est l’ancêtre de tous les usurpateurs d’identité, de tous les faussaires de soi, dans un monde où l’identité devient malléable, falsifiable, performable. À l’heure des faux profils et des vies reconstruites en ligne, le personnage résonne d’une actualité glaçante, au cœur des obsessions de l’univers Suspecte.

Highsmith, romancière du mal ordinaire, ne juge jamais ses personnages. Elle observe, froidement, comment un être passe à l’acte, comment le crime, une fois commis, devient gérable, presque confortable. Sa prose est limpide, glaciale, sans aucune morale rassurante.

Le roman a connu plusieurs adaptations célèbres au cinéma, de Plein soleil avec Alain Delon au film d’Anthony Minghella, preuve de sa puissance d’envoûtement. Mais c’est le livre, dans sa froideur, qui reste le plus troublant.

À lire pour le frisson de l’identification au mal, et pour ce qu’il dit de notre époque : l’identité comme costume, le moi comme imposture possible, le crime parfait du faussaire qui devient un autre.

L’argument · d’après l’éditeur

Un imposteur sans le sou tue le riche héritier dont il veut la vie, et usurpe son identité. Suspense glaçant sur le vol d’identité et le crime parfait, par Patricia Highsmith.

NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · TOUT EST CINÉMA

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