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Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien. Un empereur romain, au seuil de la mort, raconte sa vie. Sommet absolu.
Au seuil de la mort, l’empereur Hadrien fait le bilan de sa vie, du pouvoir et de l’amour perdu. Sommet de la prose française, méditation souveraine sur l’existence.
La rédaction3 min de lectureArt
Il y a des livres qui semblent dictés par l’éternité. Mémoires d’Hadrien, publié par Marguerite Yourcenar en 1951, est de ceux là. C’est le récit fictif, à la première personne, des mémoires que l’empereur romain Hadrien adresse, à la fin de sa vie, au jeune Marc Aurèle. Un homme au seuil de la mort fait le bilan de tout : le pouvoir, l’amour, l’art, la guerre, la perte.
Yourcenar a travaillé des décennies à ce livre, lisant tout, se coulant dans la pensée d’un Romain du deuxième siècle, jusqu’à faire entendre une voix d’une vérité stupéfiante. Hadrien y parle de son ascension, de son règne pacificateur, de sa passion pour le jeune Antinoüs dont la mort le dévaste, de sa propre mort qui approche.
Le résultat est l’un des sommets de la langue française : une prose ample, sereine, d’une intelligence et d’une élégance souveraines. Chaque phrase semble taillée dans le marbre, méditée, définitive. C’est un livre de sagesse autant qu’un roman.

L’exploit est de faire entrer le lecteur dans une conscience d’il y a dix huit siècles, et d’y reconnaître pourtant l’humain éternel. Hadrien réfléchit au pouvoir et à ses limites, à la beauté, au plaisir, au deuil, avec une lucidité qui parle à toutes les époques.
Yourcenar disait avoir écrit un portrait d’une voix humaine. Le livre est en effet moins une reconstitution historique qu’une méditation sur ce que c’est que d’avoir vécu, aimé, régné, et de devoir mourir. La mort y est regardée en face, sans terreur, avec une dignité antique.
Première femme élue à l’Académie française, Yourcenar a marqué la littérature de ce livre rare, exigeant, qui ne ressemble à aucun autre. On le lit lentement, on y revient, on y puise.
À lire comme on contemple une statue antique : pour la perfection de la forme, et pour la sagesse d’un homme qui, au bout de tout, tâche de garder les yeux ouverts jusqu’à la fin.
L’argument · d’après l’éditeur
Au seuil de la mort, l’empereur Hadrien fait le bilan de sa vie, du pouvoir et de l’amour perdu. Sommet de la prose française, méditation souveraine sur l’existence.
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