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William Styron, Le Choix de Sophie. Le roman bâti autour de la décision la plus insoutenable jamais écrite.
À Brooklyn après guerre, une rescapée polonaise d’Auschwitz porte un secret insoutenable : le choix qu’un officier l’a forcée à faire entre ses deux enfants. Roman bouleversant sur la survie impossible.
La rédaction3 min de lectureArt
Tout le livre converge vers une scène, et cette scène est si terrible qu’on ne s’en remet pas. Le Choix de Sophie, publié par William Styron en 1979, raconte l’amitié, à Brooklyn après guerre, entre un jeune écrivain du Sud, Sophie, rescapée polonaise des camps, et Nathan, son amant juif américain, génial et dangereux. Sous la chaleur de l’été, un secret se déplie, par couches.
Sophie a survécu à Auschwitz, mais survivre n’est pas vivre. Styron prend son temps, installe la séduction, l’amour, la folie de Nathan, avant de révéler ce que Sophie porte : à son arrivée au camp, un officier, par jeu sadique, l’a forcée à choisir lequel de ses deux enfants vivrait, l’autre étant envoyé à la mort. Choisir, ou les perdre tous les deux. C’est le choix qui donne son titre au livre, et qui détruit une vie pour toujours.
Styron, écrivain du Sud blanc, s’est aventuré là où peu osaient : faire d’une victime non juive de la Shoah le centre d’un roman, interroger la culpabilité du survivant, la transmission de l’horreur. Le livre fut discuté, parfois contesté, toujours bouleversant.

La force du roman tient à son refus de la consolation. Il n’y a pas de rédemption pour Sophie, pas de leçon réconfortante. Styron montre que certaines blessures ne cicatrisent pas, que l’Histoire peut entrer dans un corps et y rester comme un éclat, jusqu’à la fin.
Le livre est aussi une réflexion sur le mal absolu et sur l’impossibilité de l’écrire. Comment raconter Auschwitz sans le trahir, sans l’esthétiser ? Styron contourne l’écueil par le biais d’une vie singulière, par l’intime, et c’est par là que l’immense devient sensible.
L’adaptation au cinéma, en 1982, a fixé l’image de l’héroïne dans la mémoire collective, mais le roman garde une ampleur que l’écran ne peut contenir : la lente construction, les digressions sur l’Amérique, le Sud, l’écriture, qui font de ce livre une somme.
À lire en sachant que la scène centrale vous habitera longtemps. C’est l’un des grands romans sur ce que la barbarie fait aux êtres, et sur l’impossibilité de continuer après avoir dû choisir l’impossible.
L’argument · d’après l’éditeur
À Brooklyn après guerre, une rescapée polonaise d’Auschwitz porte un secret insoutenable : le choix qu’un officier l’a forcée à faire entre ses deux enfants. Roman bouleversant sur la survie impossible.
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