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Art3 min

William Faulkner, Le Bruit et la Fureur. Une famille du Sud s’effondre, racontée par quatre consciences.

La décadence d’une famille aristocratique du Sud, racontée par quatre consciences dont celle d’un homme hors du temps. Sommet du roman moderne, par le Nobel William Faulkner.

La rédaction3 min de lectureArt

C’est l’un des romans les plus exigeants et les plus bouleversants du vingtième siècle. Le Bruit et la Fureur, publié par William Faulkner en 1929, raconte la décadence des Compson, vieille famille aristocratique du Sud des États Unis, ruinée et rongée par ses fautes. Mais il le raconte d’une manière qui a fait exploser le roman.

La première partie est confiée à Benjy, un homme handicapé mental de trente trois ans, qui perçoit le monde hors du temps, mêlant passé et présent sans transition. Le lecteur est plongé dans une conscience qui ne distingue pas les époques, et doit reconstruire l’histoire par bribes. C’est déroutant, puis, à mesure qu’on s’accroche, déchirant.

Suivent les voix de Quentin, l’aîné obsédé par l’honneur perdu et par sa sœur Caddy, le jour de son suicide à Harvard ; de Jason, le frère aigri et cruel ; puis un récit plus classique. Quatre regards sur la même chute, quatre fragments d’un miroir brisé. Le titre vient de Shakespeare : la vie, une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien.

couverture
William Faulkner, Le Bruit et la Fureur, 1929. Première de couverture.

Faulkner pousse le monologue intérieur plus loin que personne, jusqu’à dissoudre la chronologie, la ponctuation, la logique, pour épouser le mouvement réel d’un esprit. C’est une épreuve pour le lecteur, et une récompense : une fois entré dans le livre, on éprouve le temps et la mémoire comme jamais ailleurs.

Au delà de la prouesse formelle, c’est le grand roman du déclin du Sud : une aristocratie déchue qui s’accroche à un honneur vide, le poids de l’esclavage et du racisme en arrière plan, à travers la figure de Dilsey, la servante noire qui, seule, tient debout. Faulkner a fait de son comté imaginaire une carte de toute l’âme américaine.

Prix Nobel en 1949, Faulkner a influencé des générations entières, de García Márquez à toute la littérature du Sud. Le Bruit et la Fureur est son sommet, le plus difficile et le plus payant de ses livres.

À aborder sans peur de ne pas tout comprendre d’emblée : il faut se laisser porter, accepter le vertige, puis tout s’éclaire. C’est l’un de ces livres qui apprennent à lire autrement, et dont on ne ressort pas indemne.

L’argument · d’après l’éditeur

La décadence d’une famille aristocratique du Sud, racontée par quatre consciences dont celle d’un homme hors du temps. Sommet du roman moderne, par le Nobel William Faulkner.

ZOÉ DE SAGAN · LECTURES DES SŒURS · NOT FICTION

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