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Art3 min

Virginia Woolf, Mrs Dalloway. Une journée, une femme qui prépare une fête, et toute une vie qui affleure.

Une journée à Londres, une femme qui prépare une fête, et toute une vie qui affleure sous les pensées. Chef d'œuvre moderniste du flux de conscience, par Virginia Woolf.

La rédaction3 min de lectureArt

C’est l’un des chefs d’œuvre du roman moderne, et il tient en une seule journée. Mrs Dalloway, publié par Virginia Woolf en 1925, suit Clarissa Dalloway, femme du monde londonienne, du matin où elle sort acheter des fleurs jusqu’au soir où elle donne une réception. Rien, ou presque, ne se passe. Et pourtant tout y est.

Car Woolf ne raconte pas les événements, elle suit les pensées. Le roman se déploie dans le flux de conscience des personnages, glissant de l’un à l’autre, mêlant le présent et les souvenirs, la rue de Londres et les profondeurs intimes. Sous la surface mondaine de Clarissa affleurent les regrets, les amours anciennes, la peur de vieillir, la conscience de la mort.

En contrepoint, l’histoire de Septimus, jeune vétéran traumatisé par la guerre, que la société et la médecine broient, et qui sombre. Les deux trajectoires, qui ne se croisent jamais vraiment, se répondent : la fête et le suicide, la vie qui continue et la vie qui se brise.

couverture
Virginia Woolf, Mrs Dalloway, 1925. Première de couverture.

Woolf invente une manière neuve de saisir le temps : non comme une suite d’actions, mais comme l’épaisseur d’un instant, où passé et présent coexistent dans une conscience. Une seule journée contient des décennies. C’est une révolution dans l’art du roman.

Le livre dit aussi la condition des femmes, les vies rétrécies aux mondanités, les chemins non pris, le poids des conventions. Clarissa a renoncé à la passion pour la sécurité, et le roman fait entendre, sous sa réussite sociale, une mélancolie sourde.

À travers Septimus, Woolf, elle même hantée par la folie, écrit l’incompréhension d’une société face à la souffrance psychique, et la violence douce des médecins qui prétendent guérir. C’est d’une lucidité bouleversante.

À lire pour la beauté d’une écriture qui capte l’insaisissable, le passage du temps, la vie intérieure, et pour cette idée vertigineuse qu’une seule journée ordinaire contient l’infini d’une existence.

L’argument · d’après l’éditeur

Une journée à Londres, une femme qui prépare une fête, et toute une vie qui affleure sous les pensées. Chef d’œuvre moderniste du flux de conscience, par Virginia Woolf.

NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · TOUT EST CINÉMA

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