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Truman Capote, De sang froid. Le livre qui a inventé le roman de non fiction, et brûlé son auteur.
Capote enquête six ans sur le massacre d’une famille du Kansas et en tire le premier roman de non fiction, récit glaçant des meurtriers autant que du crime. Chef d'œuvre du true crime.
La rédaction3 min de lectureArt
En novembre 1959, une famille de fermiers du Kansas, les Clutter, est massacrée chez elle sans mobile apparent. Truman Capote lit l’entrefilet, part enquêter, et y passera six ans. Il en tirera, en 1966, De sang froid, et inventera une forme : le roman de non fiction, le récit du réel écrit avec les armes du romancier.
Le livre suit en parallèle les victimes, l’enquête, et surtout les deux meurtriers, Perry Smith et Dick Hickock, dont Capote reconstitue l’enfance, la psychologie, la dérive, avec une empathie troublante. Il ne juge pas, il comprend, et c’est ce qui glace : le mal n’y a pas de visage de monstre, il a celui de deux ratés ordinaires.
La maîtrise est totale. Capote monte son récit comme un thriller dont on connaît la fin, fait monter la tension sur la nuit du crime, soigne chaque détail vérifié. C’est de la littérature de la plus haute tenue, bâtie entièrement sur des faits.

Mais le livre a un coût, et il est moral. Pour avoir sa fin, Capote avait besoin que les deux hommes soient exécutés. Il s’est lié à Perry, l’a fréquenté des années, et a attendu la corde pour finir son chef d’œuvre. Cette ambiguïté, ce mélange d’amitié et d’exploitation, l’a hanté et, dit on, détruit. Il n’a plus jamais terminé de grand livre.
De sang froid pose la question que tout journalisme d’enquête traîne avec lui : à qui appartient une histoire vraie, et que doit on à ceux dont on fait de la matière. Capote a poussé cette tension jusqu’au point de rupture, et en est sorti brisé.
Le livre a tout influencé après lui, du nouveau journalisme américain au true crime contemporain. Avant les podcasts et les séries documentaires qui dévorent les faits divers, il y avait ce modèle, inégalé, parce que tenu par une vraie écriture.
À lire comme le sommet d’un genre, et comme un avertissement. La vérité fait les plus grands récits, mais elle se paie, et pas toujours par celui qu’on croit.
L’argument · d’après l’éditeur
Capote enquête six ans sur le massacre d’une famille du Kansas et en tire le premier roman de non fiction, récit glaçant des meurtriers autant que du crime. Chef d’œuvre du true crime.
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