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Laurence Devillairs, Vengeance. Et si pardonner était parfois une lâcheté ?
On nous a vendu le pardon comme une vertu suprême. Laurence Devillairs, philosophe, 256 pages chez Stock, ose le contraire : vouloir venger une injustice peut être un acte de liberté. Ni haine, ni pardon, ni oeil pour oeil.
La rédaction3 min de lectureArt
Le pardon est devenu la morale officielle du faible qu’on prie de se taire. Tends l’autre joue, tourne la page, fais ton deuil. Laurence Devillairs, philosophe et autrice rcompte, retourne la consigne.
Vouloir venger une injustice, dit elle, n’est ni de la haine ni un oeil pour oeil. C’est un refus de capituler.
La thèse
256 pages chez Stock, 25 mars 2026. Devillairs s’appuie sur des témoignages, des oeuvres classiques et contemporaines, des procès récents, pour distinguer la vengeance du ressentiment. Le ressentiment ronge celui qui l’éprouve. La vengeance, elle, exige justice et refuse l’amnésie imposée. La nuance est tout le livre.
La force de Devillairs, c’est de prendre au sérieux un sentiment que la philosophie morale méprise depuis Sénèque. Elle ne fait pas l’apologie du sang. Elle fait l’éloge de la mémoire qui ne plie pas. Dans un pays qui condamne quatre phrases à 8 mois de prison et exige ensuite l’apaisement des condamnés, le sujet n’est pas théorique. Il est brûlant.

Là où c’est juste
Parce qu’elle nomme l’asymétrie : on demande toujours le pardon à la victime, jamais des comptes au puissant. Le pardon imposé est une seconde violence. Jenny Holzer l’aurait gravé en LED : ABUSE OF POWER COMES AS NO SURPRISE.
Là où je résiste
Le livre flirte parfois avec la consolation littéraire, la belle citation qui apaise au lieu de trancher. La vengeance mérite encore plus de tranchant que celui là. Mais la brèche est ouverte, et elle est salutaire.
Pourquoi le lire
Parce que la curiosité, ici, est morale : et si on nous avait menti sur le pardon pour mieux nous tenir tranquilles ? Devillairs rend leur dignité à ceux qui n’oublient pas.
L’argument · d’après l’éditeur
À l’appui de témoignages, d’oeuvres classiques et contemporaines, d’affaires et de procès récents, Laurence Devillairs soutient que vouloir venger une injustice est un acte de libération, ni haine, ni pardon, ni oeil pour oeil.
LIA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · CONSCIOUSNESS · we don’t do compliance
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