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Hubert Selby Jr, Last Exit to Brooklyn. Le bas-fond américain sans filtre, le livre qu’on a voulu interdire.
Les bas fonds de Brooklyn sans filtre : dockers, prostituées, voyous, une humanité broyée par la misère et la violence. Livre brutal et compassionnel, jugé pour obscénité puis réhabilité.
La rédaction3 min de lectureArt
C’est l’un des livres les plus brutaux jamais publiés, et l’un des plus nécessaires. Last Exit to Brooklyn, de Hubert Selby Jr, paru en 1964, plonge dans les bas fonds de Brooklyn : dockers, prostituées, voyous, travestis, syndicalistes corrompus, une humanité broyée par la misère et la violence, racontée sans le moindre filtre ni la moindre pitié.
Selby écrit dans une langue de rue, sans ponctuation classique, qui colle au chaos de ses personnages. Il ne juge pas, ne moralise pas, n’offre aucune rédemption. Il montre, frontalement, la brutalité des corps et des âmes, la cruauté ordinaire, la solitude absolue de ceux que l’Amérique prospère a abandonnés sur le bord de la route.
Le livre fut jugé pour obscénité au Royaume Uni, interdit, puis réhabilité au terme d’un procès retentissant. C’est qu’il touchait à un tabou : il refusait d’enjoliver la pauvreté, de la rendre pittoresque ou édifiante. Selby montrait la violence telle qu’elle est, et cela était insupportable.

Pourtant, sous la noirceur, il y a une immense compassion. Selby aime ses damnés, leur donne une voix, une intériorité, fait de leurs vies brisées une matière littéraire de premier ordre. Sa brutalité n’est pas de la complaisance, c’est un refus du mensonge, une fidélité absolue à ce qu’il a vu.
Le personnage de Tralala, prostituée dont la fin est l’une des scènes les plus terribles de la littérature, est resté dans les mémoires comme le symbole de cette humanité sacrifiée. Selby ne détourne jamais le regard, et exige du lecteur le même courage.
Le livre a influencé toute une génération d’écrivains de la marge, et un cinéaste en a tiré un film puissant. Mais c’est le texte, dans sa fureur et sa pitié mêlées, qui reste inégalé.
À lire si l’on a le cœur accroché, pour ce que la littérature peut faire de plus dur et de plus honnête : regarder en face ceux qu’on préfère ne pas voir, et leur rendre, dans la brutalité même, une forme de dignité.
L’argument · d’après l’éditeur
Les bas fonds de Brooklyn sans filtre : dockers, prostituées, voyous, une humanité broyée par la misère et la violence. Livre brutal et compassionnel, jugé pour obscénité puis réhabilité.
ALPHA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · REAL RECOGNIZE REAL
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