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Art3 min

Gustave Flaubert, Madame Bovary. Une femme s’ennuie en province et veut vivre comme dans les romans. Cela finit mal.

Emma, mariée à un médecin de campagne terne, veut vivre comme dans les romans et se perd dans l’adultère et la ruine. Chef d'œuvre du réalisme, jugé pour outrage aux mœurs.

La rédaction3 min de lectureArt

C’est le roman qui a inventé le réalisme moderne, et qui valut à son auteur un procès pour outrage aux mœurs. Madame Bovary, publié par Flaubert en 1857, raconte le destin d’Emma, fille de fermier mariée à un médecin de campagne falot, et que l’ennui de la vie provinciale pousse vers le rêve, l’adultère, le luxe, et la ruine.

Emma a trop lu de romans sentimentaux. Elle attend de la vie des passions flamboyantes, et n’y trouve que la médiocrité d’un mari aimant mais terne, d’un village étriqué, d’amants décevants. Le décalage entre ses rêves et le réel la dévore. Flaubert nomme cette maladie le bovarysme : la tendance à se croire autre que ce que la vie permet.

Le génie de Flaubert est dans le style. Il pesait chaque mot, cherchait la phrase juste pendant des heures, voulait une prose aussi rigoureuse qu’un vers. Le résultat est une langue d’une précision parfaite, ironique, qui épouse les illusions d’Emma tout en les jugeant froidement.

couverture
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. Première de couverture.

Le procès de 1857, où l’on accusa le livre d’immoralité, a fait scandale et célébrité. Mais Flaubert ne défend ni ne condamne Emma : il l’observe, avec une objectivité glaçante. Cette neutralité, ce refus de moraliser, étaient une révolution littéraire. L’auteur disparaît derrière son œuvre.

Madame Bovary est aussi une critique féroce de la bêtise bourgeoise, incarnée par le pharmacien Homais, prototype de l’imbécile content de lui, du progressiste de comptoir qui finit décoré. Flaubert détestait la sottise, et il en a fait un portrait éternel.

Emma reste l’une des figures féminines les plus modernes de la littérature : une femme qui étouffe dans une vie trop petite, qui veut plus, et que la société broie pour avoir voulu. On peut la juger ; on ne peut pas ne pas la comprendre.

À lire pour la perfection de la forme et pour la modernité du regard : c’est le premier roman qui ose dire que nos rêves, nourris de fictions, peuvent nous mentir et nous perdre.

L’argument · d’après l’éditeur

Emma, mariée à un médecin de campagne terne, veut vivre comme dans les romans et se perd dans l’adultère et la ruine. Chef d’œuvre du réalisme, jugé pour outrage aux mœurs.

NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · TOUT EST CINÉMA

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