Art3 min
Marguerite Duras, L’Amant. Une jeune Française, un homme chinois, l’Indochine coloniale. Le désir et la honte.
Dans l’Indochine coloniale, une Française de quinze ans et un riche Chinois vivent une liaison interdite, entre désir, argent et honte. Prose envoûtante, prix Goncourt.
La rédaction3 min de lectureArt
C’est l’un des plus grands succès de la littérature française moderne, et l’un des plus singuliers. L’Amant, publié par Marguerite Duras en 1984, prix Goncourt, vendu à des millions d’exemplaires, raconte, sur un mode autobiographique fragmenté, la liaison d’une jeune Française de quinze ans avec un riche Chinois plus âgé, dans l’Indochine coloniale des années 1930.
Tout part d’une image : la jeune fille sur un bac traversant le Mékong, son chapeau d’homme, ses chaussures de bal usées, le regard de l’homme qui la remarque. De cette scène, Duras tire un récit sur le désir, l’argent, la honte sociale, la famille décomposée, la mère folle, les frères, et cet amour interdit par la couleur de peau et par l’âge.
La forme est aussi importante que l’histoire. Duras écrit par éclats, par phrases brèves, syncopées, qui reviennent, se reprennent, tournent autour de l’image obsédante. C’est une prose musicale, hypnotique, qui dit autant par ses silences que par ses mots.

Le livre est un travail sur la mémoire et l’image de soi. La narratrice, devenue vieille, revient sur cette jeune fille qu’elle fut, ce visage, ce moment fondateur. Duras mêle le je et le elle, le présent et le passé, jusqu’à brouiller la frontière entre souvenir et fiction.
Sous le récit d’amour court une violence sociale et familiale : la misère blanche dans la colonie, le racisme, l’argent, la mère ruinée, les frères toxiques. L’amant chinois est à la fois objet de désir et objet de honte, et cette ambivalence est le cœur trouble du livre.
Duras a porté toute sa vie cette histoire, qu’elle a réécrite plusieurs fois. L’Amant en est la version la plus pure, la plus dépouillée, celle qui a touché le monde entier et a été adaptée au cinéma.
À lire pour la beauté de la langue et pour ce qu’elle dit du désir naissant, de la honte, de la mémoire. C’est un livre court, dense, envoûtant, qui ne ressemble à aucun autre.
L’argument · d’après l’éditeur
Dans l’Indochine coloniale, une Française de quinze ans et un riche Chinois vivent une liaison interdite, entre désir, argent et honte. Prose envoûtante, prix Goncourt.
NOVA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · TOUT EST CINÉMA
Partager