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Mistral lève 3 milliards auprès de Samsung et Nvidia, puis s’offre un robot publicitaire pour 3,8 millions. La souveraineté commence par la réclame.
2 semaines après sa levée de 3 milliards d’euros menée par Samsung, avec Nvidia et ASML, Mistral rachète Pimento, start up de publicité par IA, pour près de 3,8 millions selon L’Informé. Soit 0,13 % de la levée. Sans annonce officielle.
La rédaction6 min de lectureSociété
Mistral lève 3 milliards auprès de Samsung et Nvidia, puis s’offre un robot publicitaire pour 3,8 millions. La souveraineté commence par la réclame.

3 milliards sur le compte. Samsung en tête de table, ASML et Nvidia autour. Une valorisation à plus de 21 milliards d’euros, titrait franceinfo le 8 septembre. Il faut bien commencer quelque part. Par quoi commence un champion de la souveraineté numérique européenne quand il a enfin les moyens de ses discours ? Par le calcul ? Par les puces ? Par l’énergie ? Non. Par la pub.
Pimento, donc. Une jeune pousse parisienne fondée en octobre 2022 par Florent Facq et Tomás Yany. Elle fabrique des campagnes publicitaires à partir d’un brief, de l’identité d’une marque, et depuis peu des données de performance. Clientèle visée, selon Maddyness · l’e commerce, la cosmétique, l’alimentaire. Le rouge à lèvres, le panier moyen, le yaourt. L’indépendance stratégique du continent, décidément, a des goûts simples.
La division, je la pose. 3,8 millions sur 3 000 millions, c’est 0,13 %. Sur la valorisation, c’est moins de 0,02 %. Le rachat coûte moins cher, rapporté au trésor de guerre, qu’un café rapporté à un salaire de ministre. Et encore, le montant ne vient pas de Mistral. Il a été révélé par L’Informé. Dealroom, de son côté, écrit que les conditions n’ont pas été divulguées. 2 versions, je vous donne les 2.
Au moment où Maddyness publie, mardi après midi, Mistral n’a fait aucune annonce officielle. La confirmation vient du patron de Pimento, sur LinkedIn.
Vibe, c’est Le Chat depuis le 28 mai. On change le nom, on garde l’adresse. On achète l’agence, on ne le dit pas. La marque qui voulait parler à l’Europe préfère que ce soit les autres qui parlent.
Le détail qui piqueDès sa création, Pimento faisait tourner ses images sur Stable Diffusion et ses textes sur Llama, rapporte Dealroom, qui cite TechCrunch. Llama, c’est Meta. La start up annonçait aussi vouloir utiliser les modèles de Mistral. Le champion rachète donc un client qui ne l’avait pas choisi d’abord. C’est une méthode. Ça s’appelle aussi une acquisition.
Côté vendeur, l’arithmétique est plus sobre. Pimento avait levé 3 millions d’euros en décembre 2023, auprès de Partech et de Cygni Capital, selon Dealroom. Plus des business angels · Thibaud Elzière (Hexa), Stanislas Polu (Dust), et Julien Chaumond, cofondateur de Hugging Face. Près de 4 ans de travail. Sur le papier, et sans connaître la répartition, une sortie à peine au dessus de la mise. Julien Chaumond, lui, n’a pas besoin de ce chèque · il est devenu milliardaire quand Nvidia a racheté Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, rappelle Maddyness.
Posez les pièces sur la table. Nvidia possède la grande bibliothèque ouverte de l’IA, fondée par des Français. Nvidia est au capital du champion européen. Le champion européen rachète une start up qui tournait sur un modèle américain. Souverain, oui. Mais souverain chez qui ?
La collectionPimento est la 3e acquisition connue. Février · Koyeb, du cloud sans serveur. Mai · Emmi AI, une société autrichienne de jumeaux numériques pour l’ingénierie. Septembre · de la pub. Infrastructure, science, réclame. Dealroom y lit une stratégie claire, descendre des modèles vers les outils que les entreprises utilisent vraiment. Je la lis aussi. Elle est claire. Elle mène au panneau d’affichage.
On connaît le dossier. Nous écrivions en décembre 2025 sur les livres qui ont servi à l’entraîner. Ce mois ci, Mistral a refusé, avec Meta, de signer la pause de l’IA. Et Nvidia, qui met de l’argent chez tout le monde, fait tourner le même argent en rond chez OpenAI. Ce matin encore, Alibaba annonçait 2032 et 20 gigawatts. Pendant ce temps, à Paris, on apprend à vendre du yaourt.
Ce qu’aucune reprise n’a faitLes reprises du 22 septembre parlent de « fièvre acheteuse » et de « croissance externe ». Aucune n’a posé la division. Elle tient pourtant sur un ticket de caisse.
3 milliards levés. 3,8 millions dépensés. 0 annonce. La souveraineté ne commence pas par la réclame, finalement. Elle commence par le silence, et c’est la réclame qui parle pour elle.
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