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L’arnaque au CO2, Mimran, et ce qu’on peut vraiment dire de Netanyahou
La fraude à la taxe carbone a coûté 1,6 milliard d’euros à la France. Arnaud Mimran a été condamné. Des liens financiers avec Benjamin Netanyahou ont été évoqués au procès. Ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas.
La rédaction6 min de lectureSociété
Une affaire vraie n’a pas besoin qu’on l’exagère pour être grave. La fraude à la taxe carbone est l’une des plus grosses escroqueries de l’histoire économique française, et elle est parfaitement documentée. Le problème commence quand on ajoute, par dessus les faits, une accusation que le dossier ne soutient pas. Faisons le tri, ligne par ligne.
Voilà le socle. Rien de tout cela n’est contesté sérieusement. C’est le « casse du siècle », jugé, documenté, chiffré. Maintenant, la partie qui demande de la prudence.
Le lien avec Netanyahou
Le nom de Benjamin Netanyahou apparaît dans cette affaire, mais il faut être précis sur ce qui est réellement documenté. Dès 2016, France 24 titrait sur « l’homme d’affaires sulfureux qui embarrasse Netanyahou ». Au procès, Mimran a affirmé avoir versé de l’argent à Netanyahou pour financer ses campagnes. Une enquête de Mediapart a porté sur des connexions financières entre les deux hommes. Ce sont des éléments réels : un embarras politique, des déclarations faites sous serment, une investigation journalistique.
Pourquoi la nuance compte
On pourrait se dire que la distinction est mince. Elle est au contraire décisive. La version virale de cette affaire circule accompagnée de mots d’ordre haineux qui visent une nationalité et une religion, et transforment un dossier judiciaire précis en réquisitoire ethnique. C’est exactement le piège que notre méthode refuse. On nomme un escroc condamné, Mimran. On cite un chiffre vérifié, 1,6 milliard. On rapporte un embarras politique documenté, sans en faire une culpabilité que la justice n’a pas prononcée. Et on laisse tomber les slogans, parce qu’un slogan n’a jamais rien prouvé.
C’est la même exigence que dans nos autres vérifications, où l’on démêle le vrai du sous-entendu plutôt que de surfer sur l’insinuation. Un fait sourçable est plus solide qu’une rumeur virale, et infiniment plus dangereux pour les puissants, parce qu’il tient devant un tribunal. Voir notre dossier Médias et pouvoir.
On démêle le vrai du sous-entendu. Un fait tient devant un tribunal, pas un slogan. · z/S SYSTEMS
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