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La fin de Libé : de la pétition pour la pédophilie à la sucette « goût corps sale »
Il y a des journaux qui meurent en silence, usés par les années et les déficits. Et puis il y a Libération, qui choisit de crever en fanfare, avec le panache d’un clown qui aurait décidé de se suicider sur scène en se tirant une balle dans le pied… tout en vantant le goût du plomb.
La rédaction4 min de lectureSociété
Ce week-end, dans sa rubrique « Intimité » (parce que c’est visiblement devenu un service public), le quotidien historique de la gauche libertaire nous offre un petit bijou anthropologique : « La « sucette goût bite », ou le retour en grâce des odeurs corporelles ». Signé Agnès Giard, anthropologue à Paris-Nanterre, l’article décortique avec le plus grand sérieux le lancement d’une confiserie artisanale au « goût de pénis humain non lavé après une journée de travail ». Le créateur, un juriste de 45 ans père de famille, explique que « tout est parti d’une blague ». On le croit sur parole. Libé aussi.
On pourrait rire. On devrait surtout vomir.

Car ce n’est pas une simple faute de goût (sans mauvais jeu de mots). C’est la trajectoire parfaite d’un journal qui, il y a cinquante ans, relayait avec ferveur la fameuse pétition de 1977 défendant les relations sexuelles entre adultes et enfants. Celle publiée dans Le Monde et dans Libération, signée par Sartre, Foucault, Beauvoir, Kouchner, Glucksmann et toute la fine fleur de l’intelligentsia soixante-huitarde. Celle qui osait écrire, sans rougir : « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ? » Et qui estimait que trois ans de détention préventive pour des « baisers et des caresses » sur des mineurs de moins de 15 ans, c’était « suffisant ».

Libé n’a pas seulement « couvert » le débat. Il l’a porté, amplifié, légitimé au nom de la « libération sexuelle ». Hier, on déconstruisait l’interdit de l’inceste et de la pédophilie au nom de la révolution. Aujourd’hui, on déconstruit l’hygiène et la dignité au nom du « retour aux odeurs corporelles ». Même combat, même logique : tout ce qui est naturel est bon, tout ce qui est tabou est répressif, tout ce qui dégoûte le bourgeois est progressiste.

Le journal qui se voulait l’organe de la gauche caviar et de la transgression chic est devenu le dernier bastion de la transgression pour les bobos en mal de sensations fortes. On est passé des tribunes philosophiques sur le « droit des enfants à la sexualité » aux fiches produits sur les bonbons au goût de sueur intime. C’est la même idéologie du « tout est permis » qui a simplement changé de terrain : elle n’attaque plus seulement la minorité sexuelle, elle s’attaque désormais à la simple décence.
Et le plus beau, c’est le ton. Neutre. Analytique. Presque scientifique. Comme si promouvoir un bonbon qui sent la bite sale après le boulot était une « tendance sociologique » digne d’un colloque à Nanterre. On imagine l’anthropologue en train de cocher les cases : « contre-pied à l’hygiénisme ambiant », « démocratisation d’une pratique taboue », « changement de mœurs ». Le vocabulaire est le même que celui employé jadis pour défendre Matzneff ou le FLIP (Front de libération des pédophiles, dont les petites annonces passaient allègrement dans les colonnes de Libé).

Libération n’est plus en train de mourir. Il est déjà mort. Ce qu’on lit aujourd’hui n’est que le cadavre qui continue de gigoter, agité par les derniers réflexes pavloviens d’une époque où la gauche croyait que la décadence était un signe de vitalité.
La sucette « goût bite » n’est pas une anecdote. C’est l’épitaphe.
Et franchement, elle est à chier.
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