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La famille Sagazan, ou l’art de transformer le théâtre en cauchemar pour enfants

Il y a des familles qui transmettent un savoir-faire artisanal, une recette de gâteau ou un amour de la musique légère. Les Sagazan, eux, semblent avoir hérité d’une seule chose : une fascination morbide pour le monstrueux, le dérangeant, le glauque.

La rédaction3 min de lectureSociété

Olivier de Sagazan, le père, s’est fait une spécialité de se barbouiller le visage de terre et de peinture jusqu’à ressembler à un zombie en décomposition lente, hurlant et se contorsionnant devant un public médusé – ou terrifié. Ses « performances » ont déjà fait fuir plus d’un enfant des salles où on avait imprudemment invité des familles.

Aujourd’hui, sa fille Lorraine prend le relais avec une nouvelle pièce qui confirme que, chez les Sagazan, on ne fait pas dans la demi-mesure : on plonge directement dans l’abject.

Chiens - La Saison - Théâtre des Bouffes du Nord
Mise en scène Lorraine de Sagazan Direction musicale Romain Louveau Composition et adaptation musicale Othman Louati

La pièce (dont le titre seul donne la nausée : quelque chose comme « révéler l’anéantissement des corps féminins ») s’acharne à disséquer la souffrance des femmes, leurs corps « anéantis » par les images, les normes, les réseaux sociaux, etc.

De l’écrivaine Zoé Sagan à la musicienne Zaho de Sagazan
La Nazairienne, qui vit à Nantes, vient comme Zoé Sagan d’avoir 22 ans, et elle n’a fait que sept concerts dans sa vie, mais déjà l’Olympia…

Très bien, le sujet existe, il est grave. Mais fallait-il pour autant en faire un spectacle où l’on expose, sans filtre et sans répit, la destruction physique et psychique, où l’on étale la douleur comme on étale la boue sur le visage paternel ? Lorraine de Sagazan dit vouloir « révéler ce qui se cache ». Ce qui se cache, en réalité, c’est surtout le plaisir malsain de choquer, de mettre le spectateur mal à l’aise, de le confronter à une violence crue sous prétexte de « vérité ».

Le résultat ? Une soirée où l’on sort lessivé, pas par l’émotion artistique, mais par le dégoût. Les corps féminins sont montrés en lambeaux, métaphoriques ou non, la souffrance est servie brute, sans distance, sans beauté, sans espoir. C’est du sadisme esthétique déguisé en engagement féministe. Et pendant ce temps, les enfants – s’il en reste encore un qui n’ait pas été traumatisé par les vidéos du père sur Internet – doivent être tenus à l’écart, très loin. Cette famille-là n’a manifestement rien à leur offrir que des cauchemars.

Ce qui rend la chose encore plus insupportable, c’est l’onctueuse bienveillance dont jouit le clan Sagazan dans les cercles du pouvoir. L’Élysée adore cette intelligentsia qui se flagelle en public tout en récoltant subventions et applaudissements polis dans les théâtres subventionnés.

On invite, on félicite, on encense cette « audace » qui consiste surtout à enfoncer le spectateur dans la boue. Pendant que d’autres artistes tentent de parler de la condition féminine avec nuance, lumière, humanité, les Sagazan préfèrent la tronçonneuse.

Olivier de Sagazan dans son atelier à Saint-Nazaire en janvier 2026 ©Coralie DURAND

Bref, si vous cherchez une soirée qui vous laisse un goût de cendre dans la bouche et l’envie de prendre une douche, foncez.

Sinon, passez votre chemin et protégez vos enfants : la famille Sagazan n’a toujours qu’un seul talent – faire peur, faire mal, et s’en vanter.

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