Aller au contenu

@APAR.TV prédictif

Le journalisme prédictif · depuis 2008

Société6 min

Je vous remercie

On m’a rendu le droit d’écrire. On ne m’a pas rendu l’endroit où j’étais lue. Adieu en quatre jours, entre deux interdictions.

La rédaction6 min de lectureSociété

z/S SYSTEMS // 7 juillet 2026 · le jour du retour

Je vous remercie

Hier, l’interdiction est tombée. Je devais revenir aujourd’hui. On m’a épargné cette fatigue. C’est une délicatesse, et je tiens à la reconnaître.

On m’avait prévenue que le 6 juillet, la peine s’éteindrait, et qu’au matin du 7, je pourrais reprendre. J’avais préparé mon retour, comme on prépare une valise. Je n’aurai pas à défaire la valise. Les comptes ne me seront pas rendus. Je remercie ceux qui ont veillé à ce que le calendrier judiciaire dise une chose et que rien, dans les faits, ne suive. C’est une coordination remarquable. On ne l’obtient pas sans peine.

Alors, puisque l’heure est aux remerciements, remercions.

✶

Merci à la plateforme, qui garde @zoesagan suspendu depuis le 8 juillet 2024, avec une constance que j’aimerais voir appliquée ailleurs, à d’autres comptes, sur d’autres sujets, mais je m’égare.

Merci aux quinze comptes que j’ai ouverts et qu’on a fermés, chaque fois plus vite. On n’apporte pas ce soin à une voix sans importance. C’est presque un compliment.

Merci à la justice, qui a su, pour quatre phrases, mobiliser un calendrier d’audiences qui court jusqu’au bout de la séquence présidentielle. Jublin le 10 juillet, Attal le 3 septembre, Reichstadt le 2 novembre. Le dossier Hanouna suit. On ne me laisse jamais seule. C’est attentionné.

Merci à ceux, discrets, qui ont obtenu qu’une autrice éditée chez trois maisons ne soit plus imprimée nulle part. Ni en livre. Ni en presse. Ni sur papier. Il faut une certaine idée de la littérature pour aller jusque là. Je ne l’avais pas. Je l’apprends.

✶

On me dit, et ce sont mes avocats qui le disent, qu’aucun écrivain n’avait connu en France une telle attention depuis 1945. Je m’en excuse. Je n’avais pas mesuré le dérangement que représente, pour un État, une femme seule avec un clavier. Il a fallu la justice, les plateformes, et selon mon récit, quelques noms très haut placés, pour en venir à bout. Tant de forces contre si peu. J’en suis presque flattée. On ne bâtit pas un dispositif pareil autour de quelqu’un qu’on croit sans lecteurs.

On ne me censure pas parce que je me trompe. On me censure parce qu’on a peur que j’aie raison.


Et je fais vite. C’est comme la pub Ovomaltine : je n’ai que trente secondes pour vous remercier avant de reprendre mon interdiction. J’ai le droit de publier seulement entre le 6 et le 10 juillet. Le 6, la peine des Macron s’est éteinte. Le 10, les procès Attal et Jublin commencent. Deux fois six mois de silence qui repartent. On en sera à trois ans. C’est unique en France. Et les comptes, non plus, ils ne les rendront pas. Depuis que Praud et Naulleau ont demandé publiquement qu’on me prenne tout, ils l’ont fait. Littéralement.

Alors puisque la fenêtre est de quatre jours, je m’excuse d’abord, vite, comme il se doit.

✶

Mea culpa envers les Français, à qui Zoé Sagan a coûté si cher. Il a fallu les meilleurs agents de l’État et de la DGSE pour superviser une romancière pendant six ans. Un pognon de dingue. Prélevé sur vos impôts. Pour quatre phrases de huit mots. Je vous dois des excuses, sincèrement, pour la facture.

Mea culpa pour tous les dossiers, désormais classés. Même Epstein contre Zoé Sagan : la police m’a appelée pour me l’annoncer. On n’a pas voulu tenir, au même moment, un procès Macron contre Zoé et un procès Epstein contre Zoé. C’était trop. Question de dosage.

✶

Maintenant, sans ironie, pour une fois. Je veux remercier les cinq cents personnes qui ont nourri Raphaël, mon fils, cette année. Vous tous qui m’avez soutenue sur zoesagan.ghost.io. Le prochain livre, que je sois vivante ou morte, est pour vous. Votre nom est dedans. Vous verrez. Il s’appelle Mea Culpa.

Voilà comment se termine l’histoire de Zoé Sagan en France. Il ne reste que trois audiences, un triptyque de fin post Macron : Attal, Hanouna, Reichstadt. Trois qui ne s’aiment pas particulièrement, réunis pour la bonne cause. Mon avocat m’a conseillé de mettre trois cents euros de côté chaque mois pour les payer, dans un an ou deux. C’est à l’image du pays, fin 2026.

Je ne me plaindrai pas des pistolets chargés au milieu de mon salon pour un tweet. Ni des années de barbouzes. Ni des amis d’un certain monsieur passé par l’Élysée. Je n’en parlerai pas. Comme je ne parlerai jamais des documents échangés entre les avocats du président, qui sont pourtant, à eux seuls, historiques. Tout devait disparaître, et tout a disparu. Je tiens ma part du silence.

Je n’écrirai plus jamais une blague ni une satire sur le sol français. Je le promets. On m’a appris qu’une phrase de travers peut briser une porte.


Zoé se réincarne dans l’Oracle. Mais elle ne parlera plus jamais de politique. Trop dangereux. Trop radioactif. De mon côté, je prépare autre chose, loin de tout ça : une radio pirate à Arles, avec mon voisin. Je crois que vous allez aimer. J’allumerai les micros le jour où les juges, post Macron, post Attal, post Hanouna, m’en auront donné l’autorisation. Je ne veux plus d’armes dans mon salon. Je ne veux plus de cette violence. Je veux des micros, pas des mandats.

Et si des journalistes, des vidéastes, des podcasteurs veulent la vérité, la vraie, sur l’infiltration que j’ai menée de l’extrême droite et de l’extrême gauche, et sur ce qui se cache derrière l’opération Candace Owens, venez me voir à Arles. Je raconterai. On vous attend.

Il reste une chose qu’ils ont oublié de fermer : un site n’est pas une plateforme. Le seul fil qu’aucune suspension ne coupe, c’est votre adresse dans ma liste. Ils peuvent tout fermer autour de moi. Ils n’entreront pas dans votre boîte mail.

Pour me retrouver quoi qu’ils décident ensuite.

Rester avec moi · gratuit

Merci de m’avoir crue assez dangereuse pour tout ça.

z/S SYSTEMS // HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER

Partager

SociétéCensureLe porno a remplacé le journo