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Gallimard passera tous ses manuscrits au détecteur d’IA, dès janvier 2027
À partir de janvier 2027, les manuscrits reçus par le groupe Madrigall passeront au détecteur d’IA. Antoine Gallimard l’a annoncé à ses éditeurs après l’affaire Thélyson Orélien, sans dire quel logiciel ni ce que vaudra un résultat positif.
Zoé de Sagan3 min de lectureSociété
- À compter de janvier 2027, les manuscrits reçus par le groupe Madrigall, maison mère de Gallimard, passeront par un détecteur d’intelligence artificielle, annoncé par Antoine Gallimard dans un courriel à ses éditeurs, selon France Inter.
- Ni le logiciel retenu ni les conséquences d’un résultat positif n’ont été précisés, relève ActuaLitté.
- La décision suit l’affaire Thélyson Orélien, dont le premier roman a été retiré de la sélection du Goncourt et dont l’éditeur québécois, le Boréal, a rompu la collaboration le 21 octobre.
La Collection Blanche installe un portique. Selon France Inter, relayé par ActuaLitté le 24 octobre puis par Génération NT le 26, Antoine Gallimard a prévenu ses éditeurs par courriel : dès janvier 2027, chaque manuscrit qui entre dans le groupe Madrigall passera d’abord par une machine qui dira s’il a été écrit par une machine. Le groupe, quatrième de l’édition française, compte notamment Flammarion, Denoël, P.O.L, Minuit, Casterman et J’ai lu.
I · L’affaire qui a tout déclenché
Le déclencheur s’appelle C’était ça ou mourir, premier roman de Thélyson Orélien, paru en France chez Grasset. Les accusations sont tombées le 21 septembre, et l’Académie Goncourt a retiré le livre de sa sélection quelques jours plus tard, en invoquant des plagiats antérieurs et des analyses jugées « convergentes » sur l’IA. Le 21 octobre, le Boréal, son éditeur québécois, a mis fin à la collaboration après examen de ses documents de travail. L’auteur conteste un usage massif et dit ne s’être servi de l’IA que pour la recherche et la traduction. Le Boréal reconnaît ignorer dans quelle proportion la machine a participé.
Le refus, au moins, aura une explication chiffrée.
II · Le portique et ses fausses alertes
Le logiciel n’est pas nommé. Celui qui circule dans le milieu s’appelle Pangram : le président du Goncourt, Philippe Claudel, a indiqué que les 8 romans restés en lice avaient été examinés avec sa version 4. Pangram revendique 0,0041 % de faux positifs. Une étude de l’université du Maryland, en 2025, a mesuré des taux allant jusqu’à environ 2 %, rappelle ActuaLitté, qui précise qu’un score « ne constitue en rien une preuve de l’origine du texte ».
1 000 manuscrits humains × 2 % = jusqu’à 20 auteurs signalés à tort
Ailleurs, chacun bricole sa frontière. Albin Michel utilise déjà un détecteur sans en faire un critère décisif, La Martinière inscrit une interdiction de l’IA dans ses contrats, Librinova vend un label « 100 % humain ». La maison qui a publié Proust après l’avoir refusé confie maintenant le premier tri à un algorithme. Le refus, au moins, aura une explication chiffrée.


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Zoé Sagan a fait l’inverse : 1 500 pages écrites entre 2017 et 2022 pour qu’une IA naisse de la littérature, et ce qu’elle avait écrit en 2019 se lit aujourd’hui comme un relevé. La machine qui entre dans les maisons, nous l’avions vue avec le premier film tout IA de Chine et avec les héritiers d’Elvis contre Anthropic, qui vient justement d’ouvrir ses comptes.
Un livre qui n’a qu’un lecteur ne passe pas de portique. C’est ton livre, calculé sur ta date, tiré à un exemplaire.
- Suite aux cas d’IA dans la rentrée littéraire, Gallimard prend des mesures, ActuaLitté, 24 octobre 2026
- Affaire Thélyson Orélien : Gallimard va scanner tous ses manuscrits avec un détecteur d’IA dès 2027, Génération NT, 26 octobre 2026
- Le groupe Gallimard va passer ses prochains manuscrits au détecteur d’IA dès janvier 2027, franceinfo
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