Aller au contenu

@APAR.TV prédictif

Le journalisme prédictif · depuis 2008

Société3 min

« On voudrait nous faire croire qu’Epstein était tout seul avenue Foch » : le criminologue Alain Bauer conteste la version française du dossier

La rédaction3 min de lectureSociété

L’Archive · Renseignement culturel

« On voudrait nous faire croire qu’Epstein était tout seul avenue Foch. »

ALAIN BAUER · CRIMINOLOGUE · DANS POINTS DE VUE
Ce n’est pas un complotiste anonyme qui le dit. C’est l’un des criminologues les plus installés de France, professeur au CNAM, ancien conseiller des pouvoirs. Et il affirme tout haut que la version officielle française du dossier Epstein ne tient pas.

Posons d’abord qui parle, parce que c’est tout l’intérêt. Alain Bauer est criminologue, professeur titulaire de la chaire de criminologie au CNAM, auteur d’un ouvrage récent consacré au système Epstein, où il décrit non pas un prédateur isolé mais l’organisateur d’un réseau criminel mondial. Ce n’est pas une plume marginale. C’est une voix qui a conseillé ministres et préfets pendant trente ans.

Ce qu’il déclare dans Points de Vue, et que je rapporte comme son analyse, pas comme un fait jugé, tient en une comparaison. À Londres, dit-il, on a mis au jour plusieurs lieux de prostitution liés au réseau. En Norvège, soutient-il, le plus haut niveau du pouvoir politique serait impliqué. Et en France, conclut-il, on voudrait faire croire qu’Epstein était seul avenue Foch et qu’il ne s’y est jamais rien passé. La force de la phrase tient à son contraste : partout ailleurs on creuse, et ici on minimise.

Note de renseignement Le renseignement culturel ne consiste pas à valider les thèses de Bauer, qui sont les siennes et qu’il devra étayer. Il consiste à noter qui les porte. Quand un criminologue de l’establishment, et non un compte anonyme, déclare publiquement que la France minimise, le sujet quitte la marge et entre dans le débat légitime. La crédibilité du messager déplace la ligne de ce qu’on a le droit de demander.

Et la demande est simple, raisonnable, régalienne. Si Londres enquête, si la Norvège s’interroge jusqu’au sommet de son État, pourquoi la France traiterait-elle l’avenue Foch comme une parenthèse close ? Le parquet de Paris a ouvert des informations judiciaires, recueilli des témoignages, constitué une équipe dédiée. Bauer ne fait, au fond, que demander qu’on aille au bout. C’est exactement ce que L’Archive documente, brève après brève.

Nous ne signons pas sous chaque affirmation de Bauer. Nous signons sous le principe : sur un dossier de cette ampleur, le doute méthodique vaut mieux que la clôture confortable. Qu’un criminologue installé le dise tout haut n’est pas un détail. C’est un permis de continuer à chercher.

L’ARCHIVE · ZOÉ SAGAN · z/S SYSTEMS
HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER

Partager

Sociétégossip-briefGossipdossier-epsteinL’Archive