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Sa ville d’adoption ne veut plus de son nom : le maire de L’Isle-sur-la-Sorgue se désolidarise de Patrick Bruel, mis en examen

La rédaction3 min de lectureSociété

L’Archive · Renseignement culturel

Sa ville d’adoption
ne veut plus de son nom.

PATRICK BRUEL · L’ISLE-SUR-LA-SORGUE · VAUCLUSE
Vingt ans qu’il y vit, un hôtel de luxe qu’il vient d’y ouvrir, une carte postale parfaite. Et puis la mise en examen, et soudain un maire qui monte au créneau pour dissocier sa commune d’un nom devenu encombrant. Quand le territoire lâche la célébrité, c’est tout un rapport au prestige qui se renverse.

Le fait nouveau, attribué et sourcé. Patrick Bruel a été mis en examen pour viol et tentative de viol. Je le rapporte avec la prudence que la loi impose : une mise en examen signifie l’existence d’indices graves ou concordants, pas une culpabilité. La présomption d’innocence demeure entière tant qu’aucune juridiction n’a jugé. Cet article ne préjuge en rien du fond.

Ce qui en fait une brève, ce n’est pas le procès, qui n’a pas eu lieu, c’est la réaction d’un élu. Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, a publié un communiqué pour marquer son exaspération de voir sa commune associée à l’affaire. Il dit ne plus supporter que l’image de sa ville soit liée au dossier, rappelle que le sujet est grave, et affirme se tenir du côté des victimes. Bruel réside dans cette ville depuis plus de 20 ans et y a récemment ouvert un hôtel haut de gamme, censé porter le rayonnement touristique de la commune.

Note de renseignement Observez le renversement. Pendant des décennies, une commune se grandit d’héberger une vedette. Le nom de l’artiste devient un actif, un label, une ligne dans la brochure. Puis l’affaire éclate, et le même nom devient un passif que le maire veut effacer du bilan. Le prestige est une monnaie. Elle a un cours. Et ce cours, ces jours-ci, s’effondre. Ce n’est pas de la morale, c’est de la comptabilité d’image.

Il y a, dans ce communiqué, plus qu’un mouvement d’humeur. Il y a le signe d’une époque où l’aura ne protège plus. Longtemps, la notoriété fonctionnait comme un bouclier, une présomption sociale de respectabilité qui débordait sur tout un territoire. Aujourd’hui, un maire prend les devants pour s’en désolidariser publiquement, et se range, par précaution autant que par conviction, du côté de la parole des victimes. Le bouclier s’est retourné.

L’Archive ne juge pas Patrick Bruel, ce sera le rôle de la justice, et d’elle seule. Elle observe un fait social : la vitesse à laquelle une institution locale, hier fière, se détache désormais d’un nom mis en cause. Le procès dira le droit. La carte postale, elle, a déjà changé de légende.

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