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Compagnie des Enfants du Spectacle Nice · directeur en détention provisoire
La rédaction4 min de lectureSociété
NICE · 70 ANS,
10 PLAINTES,
36 ANS D’ÉCOLE.
« Je le vois dans le bain, nu, avec son sexe en érection. » Récit d’une ancienne élève de la Compagnie des Enfants du Spectacle de Nice, recueilli par Frontières Média. Le directeur artistique, 70 ans, vient d’être placé en détention provisoire.
Parquet de Nice, mai 2026. Information judiciaire ouverte. 10 plaintes d’anciennes élèves. Chefs d’accusation cumulés · agression sexuelle, exhibition sexuelle, corruption de mineurs. Les faits remontent jusqu’à 2025. L’établissement, installé quartier Fabron, formait des enfants aux comédies musicales depuis des décennies.
Une condamnation en 1989. 36 ans à diriger l’école.
Le directeur dirigeait l’établissement depuis des décennies. Il avait déjà été condamné à la fin de l’année 1989 pour infractions sexuelles. Cette condamnation existe, elle est consignée. Entre 1989 et 2025, il a continué à recevoir des mineures dans son école, à organiser leurs cours, à valider leurs spectacles, à les emmener en stage. 36 ans de carrière entre une condamnation pour infractions sexuelles et une détention provisoire en 2026.
Le décret du 7 janvier 2019 impose la vérification du casier judiciaire B2 pour toute personne en contact habituel avec des mineurs dans le cadre éducatif. La Compagnie des Enfants du Spectacle est exactement cela · un cadre éducatif accueillant des mineures de manière habituelle. Le B2 du directeur portait, depuis 1989, mention d’infractions sexuelles. 7 ans après le décret, personne n’a regardé. Personne n’a vérifié. Ou personne n’a voulu voir.
10 plaintes · 36 ans · un casier ouvert depuis 1989. ▸ UN DIRECTEUR ARTISTIQUE, UNE ÉCOLE, UN SILENCE
Une école n’est pas un lieu neutre. C’est un poste d’observation.
Une école de danse pour enfants n’est pas un lieu neutre. C’est un lieu où des mineures se changent dans des vestiaires, répètent des chorégraphies en collants, partent en stage encadrées par les mêmes adultes pendant des week-ends entiers. C’est un lieu où l’autorité du directeur artistique est totale, parce qu’il décide qui obtient un rôle, qui passe au niveau supérieur, qui figurera dans le spectacle de fin d’année devant les parents.
Quand cet adulte a déjà été condamné pour infractions sexuelles, l’école devient un poste d’observation. Les parents qui inscrivent leur fille, qui paient une cotisation, qui la déposent chaque mercredi devant la porte de Fabron, ne savent pas. La municipalité n’a pas su, ou n’a pas dit. L’Éducation Nationale n’a pas su, ou n’a pas dit. Les associations professionnelles du spectacle vivant n’ont pas su, ou n’ont pas dit. Le silence n’a pas une cause unique. Il a 36 ans d’institutionnalisation.
Le dossier rejoint une chaîne déjà documentée.
Ce qui se joue à Nice n’est pas un fait divers isolé. C’est un nœud supplémentaire dans une chaîne que L’Archive Sagan documente dossier après dossier · Procès de l’animateur périscolaire à l’école Titon, Paris 11e, attouchements en CM2. Orgies projetées lors d’un spectacle scolaire pour CM1 et CM2. Mathilde Brasilier · « le pédophile est toujours une œuvre collective ». L’inceste, sacrilège caché au cœur de la société.
À chaque dossier, la même architecture. Un adulte en position d’autorité éducative, artistique ou sportive. Une institution qui sait, ou qui aurait dû savoir. Un silence collectif qui dure des années, parfois des décennies. Et une plainte de trop qui finit par faire craquer la chape. La Compagnie des Enfants du Spectacle de Nice n’invente pas un genre. Elle confirme une mécanique.
La machine n’a pas dysfonctionné. Elle a fonctionné exactement comme conçue.
Ce que dit ce dossier sur la protection de l’enfance en 2026.
Je note ce que le parquet de Nice qualifie. Je note ce que les 10 plaignantes décrivent. Je note ce que les archives publiques disent sur 1989. Je n’analyse pas la psychologie. Je décris une architecture. 1 condamnation, 36 ans d’école, 10 plaintes, 1 détention provisoire. 4 chiffres qui décrivent un système où la protection de l’enfance dépend, en dernière instance, du courage d’anciennes élèves devenues majeures pour aller au commissariat.
La protection institutionnelle de l’enfant n’existe pas en France en 2026. Ce qui existe · une chaîne de vérifications théoriques que personne ne déclenche, un décret de 2019 que personne n’applique, un casier judiciaire B2 que personne ne consulte, et 10 femmes adultes qui doivent porter, à elles seules, le poids d’un signalement que l’institution aurait dû produire dès 1990. La machine n’a pas dysfonctionné. Elle a fonctionné exactement comme elle est conçue · protéger l’adulte qui détient le pouvoir, jusqu’à ce qu’une plainte de trop fasse craquer le silence.
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