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Caroline Fourest : 5,2 millions partis en fumée… et pourtant, le robinet reste grand ouvert

On pourrait presque en rire si ce n’était pas l’argent des contribuables et des coproducteurs qui finançait la farce. Prenons les chiffres, bruts, sans filtre.

La rédaction3 min de lectureArt

Premier film, Sœurs d’armes (2019) : budget de 5,2 millions d’euros (France 2 + financements privés, dont 560 000 € de D. Romano). Résultat au box-office ? Environ 85 000 entrées en France.

Recettes mondiales : 536 522 dollars. Une perte nette confirmée, abyssale. Dans n’importe quel secteur normal, un tel naufrage signe l’arrêt de mort.

How Caroline Fourest Shot Her Next Film ‘Broken Truth’ in War-Torn Ukraine With Tomer Sisley Alongside Local Cast and Crew (EXCLUSIVE)
French journalist and filmmaker Caroline Fourest talks about her next movie, “Broken Truth,” which she shot in Ukraine during the war with a local crew.

On change de métier, on vend la voiture, on ne voit plus son nom au générique d’un long-métrage avant longtemps.

C’est la règle du marché, même dans le cinéma français pourtant habitué aux coussins subventionnés.

Mais Caroline Fourest n’est pas « n’importe qui ». À peine six ans plus tard, la voici en plein montage de son deuxième long-métrage, Broken Truth. Titre évocateur. Co-production franco-ukrainienne-italo-roumano-américano-britannique (Forecast Pictures, Pronto Ukraine et consorts), avec le soutien explicite de la Fondation d’État ukrainienne, de Canal+ et de France Télévisions.

Budget ? Non public. Recettes ? Zéro pour l’instant, le film n’est même pas sorti. Pourtant les millions sont déjà là, tombés du ciel (ou plutôt des comités de coproduction).

C’est là que le miracle opère. Car oui, le financement du cinéma mêle souvent aides publiques/culturelles et co-productions internationales, surtout quand le thème colle à l’actualité – ici la guerre en Ukraine.

L’Ukraine reçoit des aides UE massives pour l’effort de guerre, mais le soutien à ce film reste, officiellement, un soutien culturel et étatique distinct. Pas de preuve de « propagande » officielle, répétons-le.

Reste que le contraste est saisissant. D’un côté, un premier film qui a littéralement cramé 5,2 millions pour 85 000 spectateurs français.

De l’autre, un deuxième projet qui bénéficie d’un écosystème international prêt à remettre la mise, avec Tomer Sisley en tête d’affiche et des partenaires qui se bousculent. Normalement, un tel échec commercial vous ferme les portes pour une décennie. Ici, elles s’ouvrent en grand.

Et maintenant, on comprend mieux pourquoi Caroline Fourest a été si violente, si hystérique même, avec Zoé Sagan sur LCI et dans la poubelle médiatique de Franc-Tireurs.

Quand on se fait ainsi épingler sur ses échecs subventionnés, quand on voit son petit business du « cinéma engagé » exposé au grand jour, la riposte devient personnelle, féroce, presque pathétique. Sans oublier qu’elle a été particulièrement méchante avec Zoé parce que celle-ci lui avait collé un surnom qui a fait le tour de tout Paris.

Un petit nom qu’on ne répétera pas ici, histoire de ne pas déclencher une de ses fameuses crises de nerfs.

C’est la marque des intouchables du système : ils ne supportent pas qu’on leur rappelle que, sans les bons réseaux et les bons castings, ils ne seraient rien.

On appelle ça la résilience du système. Ou, pour les moins naïfs, la démonstration que dans le cinéma hexagonal (et internationalisé), certains flops ne sont pas des flops comme les autres.

Ils sont des tremplins. Subventionnés, coproduits, justifiés par le « sujet important ». On efface l’ardoise, on passe à la suite, et on continue à expliquer au public que c’est lui qui n’a rien compris.

Bienvenue sur zoesagan.com, où l’on préfère les chiffres aux contes de fées culturels. On attend Broken Truth avec curiosité. On parie déjà que, quel que soit le résultat, il sera qualifié de « film nécessaire ». Comme le précédent.

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