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# Pédocriminalité : pourquoi il ne faut pas mettre de photos de ses enfants sur internet
- URL: https://apar.tv/pedocriminalite-pourquoi-il-ne-faut-pas-mettre-de-photos-de-ses-enfants-sur-internet/
- Published: 2024-01-04T14:21:46.000Z
- Updated: 2026-10-12T11:30:46.000Z
- Author: La rédaction
- Tags: Société, #Import 2026-11-05 14:46, Photographie

**Attention : habitude à perdre de toute urgence.** Si, à l’occasion des fêtes de fin d’année, vous avez pris et partagé sur les réseaux sociaux des photos de vos enfants, petits-enfants, de ceux de votre famille ou de vos amis, c’est loin d’être une bonne idée. Cette pratique a même un nom : le « sharenting », contraction de « share » – partager en anglais – et « parenting » – parentalité, et 53 % des parents français ont déjà diffusé des images de leurs enfants sur les réseaux sociaux, [selon l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique](https://www.open-asso.org/etude-parents-influenceurs-open-potloc-2023/?ref=apar.tv). Une volonté de partager des moments heureux qui se heurte donc à la triste réalité : en cas de mauvaise protection de vos comptes, ces images peuvent tomber entre de très mauvaises mains.

Le principal risque de la diffusion des images de mineurs sur les réseaux sociaux, y compris *« des photos très anodines ou très banales »*, envoyées sans aucune mauvaise intention, est *« qu’elles soient mal utilisées »* notamment *« par des personnes qui ont des comportements pédocriminels »*, détaille à France Inter Samuel Comblez, directeur des opérations de l’Association e-Enfance/3018 et psychologue de l’enfance et de l’adolescence.

## « Réserver ces photos à des cercles très privés »

Pour se préserver de toute utilisation détournée de ces photos, le plus important est de les *« réserver à des cercles très privés »*. Samuel Comblez indique deux précautions à prendre : *« Vérifier à qui on les envoie et quel est le canal de diffusion qu’on va utiliser, que les personnes qui vont les recevoir sont saines d’esprit »* et vérifier également *« la façon dont on va diffuser ces photos »* si on le fait sur les réseaux sociaux, notamment de manière publique. Si c’est le cas, *« ça signifie que n’importe quel utilisateur dans le monde va pouvoir y accéder, les recopier et en faire n’importe quelle utilisation »*. Il faut, ajoute-t-il, *« avoir en tête que c’est un risque possible »* et restreindre urgemment ses paramètres de visibilité, ou, par exemple, faire le tri de ses abonnés et utiliser des fonctionnalités comme « Amis proches » sur Instagram.

L’expert souligne les progrès de l’intelligence artificielle, qui permettent parfois de coller le visage d’un enfant sur le corps d’un autre, victime de violences pédocriminelles. *« L’idée est de pouvoir éviter que ces photos servent à alimenter en fait ces réseaux »*, poursuit-il. Les équipes de juristes et de psychologues du numéro d’écoute 3018 peuvent assister des victimes d’utilisation de photos à des fins malveillantes, précise Samuel Comblez, *« et surtout, quand malheureusement ces photos sont diffusées et qu’on n’en a plus le contrôle, de pouvoir faire en sorte qu’elles soient supprimées le plus tôt possible »*.

## Évitez certaines photos, cachez le visage…

Ainsi, pour éviter tout traumatisme, mieux vaut privilégier le partage de photos par messagerie privée et demander à son enfant, lorsqu’il est en âge de répondre, s’il est d’accord, puisque, [comme le rappelait la Commission nationale de l’informatique et des libertés mi-décembre](https://www.cnil.fr/fr/partage-de-photos-et-videos-de-votre-enfant-sur-les-reseaux-sociaux-quels-sont-les-risques?ref=apar.tv), les mineurs, aussi, disposent d’un droit à l’image. Elle précise d’ailleurs qu’au-delà des détournements malveillants, une image partagée peut fournir des informations sur les enfants, ou servir à créer une fausse identité numérique.

*« Si vous décidez de publier des photos et vidéos de votre enfant, faites le tri »*, indique la Cnil, *« évitez la publication de certaines photos et vidéos qui ont trait à l’intimité de votre enfant »* et *« cachez le visage de votre enfant »*, en photographiant votre enfant de dos, ajoutant une émoticône sur son visage avant de publier. Au final, mieux vaut se protéger car personne ne préviendra d’une utilisation malveillante. *« Une copie d’écran est extrêmement silencieuse et c’est souvent pour cette raison là que les parents continuent malgré tout à diffuser ces photos sans se rendre compte qu’il y a un problème potentiel derrière. »*

Source : [Radio France](https://www.radiofrance.fr/franceinter/pedocriminalite-pourquoi-il-ne-faut-pas-mettre-de-photos-de-ses-enfants-sur-internet-5058109?ref=apar.tv)