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# Un enfant sur 250 meurt avant un an, le rapport de l’IGAS a mis sept mois à sortir
- URL: https://apar.tv/mortalite-infantile-rapport-igas-sept-mois/
- Published: 2026-08-05T15:00:00.000Z
- Updated: 2026-10-12T11:09:43.000Z
- Description: 4,1 décès pour 1 000 enfants nés vivants en 2024 contre 3,3 dans l’Union européenne, et une conclusion qui retire l’excuse la plus commode : selon le rapport de l’IGAS, la fermeture des maternités n’est pas en cause.
- Author: La rédaction
- Tags: Société, mortalité infantile, #Import 2026-11-05 14:44, IGAS, Insee, INED, Le Canard enchaîné, santé publique, périnatalité, maternités, Eurostat, inégalités territoriales, Le pouvoir est logistique, #visuel-genere

RADIOGRAPHIE · SANTÉ

Synthèse IA z/S · 5 aout 2026 · z/S

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur la mortalité infantile, 304 pages, a été remis au gouvernement en janvier 2026 et rendu public au début du mois d’août 2026, après une révélation du Canard enchaîné. Il porte sur un taux de 4,1 décès pour 1 000 enfants nés vivants en 2024, contre 3,3 en moyenne dans l’Union européenne.

Quatre virgule un. C’est le nombre d’enfants morts avant leur premier anniversaire, pour 1 000 enfants nés vivants, en France, en 2024\. Le chiffre est de l’INSEE. Il figure dans Insee Première numéro 2048, publié le 10 avril 2025, dont le titre dit déjà l’essentiel. La moyenne de l’Union européenne est de 3,3 pour 1 000\. L’écart entre 4,1 et 3,3 n’est pas une variation d’arrondi. C’est l’objet du rapport que l’Inspection générale des affaires sociales a remis au gouvernement en janvier 2026, et que le public a pu lire au début du mois d’août 2026.

Le volume, ensuite. L’INSEE compte environ 2 700 décès d’enfants de moins d’un an en 2024 : c’est le chiffre arrondi de sa publication. Le rapport de l’IGAS, tel que relayé par Le JDD et par Politique Matin en août 2026, donne 2 709\. Nous écrivons les deux, chacun avec sa source, parce que la décimale importe moins que la traçabilité de la ligne. Sur les naissances, même prudence. Le bilan démographique de l’INSEE pour 2024 donne un ordre de grandeur d’environ 663 000 naissances. Le chiffre de 661 822, qui circule dans les reprises, n’a pas pu être vérifié sur une page primaire de l’INSEE. Nous ne le publions pas.

## Le rapport retire l’excuse la plus commode

La conclusion qui déplace le débat n’est pas celle qu’on attendait. Selon Le Journal International de Médecine, le rapport de l’IGAS conclut que la hausse de la mortalité infantile n’est pas due à la fermeture des maternités. Le texte ne valide donc pas la thèse du démantèlement hospitalier, qui est depuis dix ans l’explication la plus disponible. Retirer la carte hospitalière du tableau ne referme pas la question. Cela l’ouvre. Si ce ne sont pas les kilomètres jusqu’à la maternité, restent les conditions dans lesquelles on arrive enceinte, et l’endroit où l’on vit. Les inégalités sociales et territoriales ne se corrigent pas par un arrêté de fermeture ou de réouverture. Elles relèvent d’un autre calendrier que celui d’une carte hospitalière.

Le rang, maintenant, et il faut le dater. La France est au 23e rang sur les 27 États membres de l’Union européenne. La source est l’INED, dans sa fiche « Mortalité infantile plus élevée en France que chez ses voisins ». Ce classement porte sur l’année 2022\. Il ne décrit pas 2024\. Le coller au chiffre de 2024, comme on l’a beaucoup lu cette semaine, est une déformation, y compris quand elle va dans le sens du constat. Ce qui est établi dans la durée l’est par l’INSEE : le taux français est supérieur à la moyenne de l’Union européenne depuis 2015\. En 2023, la France était à 4,0 pour 1 000, l’Union européenne à 3,3 pour 1 000.

> Un enfant sur 250 meurt avant l’âge d’un an
> 
> Titre de la publication Insee Première n° 2048, INSEE, 10 avril 2025\. Le taux de mortalité infantile y est établi à 4,1 décès pour 1 000 enfants nés vivants en 2024, contre 3,3 pour 1 000 en moyenne dans l’Union européenne.

Deux autres chiffres circulent depuis la publication : 529 morts évitables chaque année si la France se situait à la moyenne de l’Union européenne, 1 057 si elle se situait au niveau de l’Italie ou du Portugal. Ils ne viennent pas de l’INSEE. Ils viennent de reprises du rapport de l’IGAS. Nous les écrivons donc attribués au rapport, et pas autrement. Un chiffre mal attribué est un chiffre qui sortira du débat à la première contestation, et c’est en général celui qui l’a mal cité qui le perd.

## Sept mois entre la remise et la mise en ligne

Le fait est simple et il n’est pas contesté. Le rapport de l’IGAS, 304 pages, a été remis au gouvernement en janvier 2026\. Il a été rendu public au début du mois d’août 2026\. Sept mois. Entre les deux, le 5 août 2026, Le Canard enchaîné a révélé dans son édition l’existence de ce rapport non publié. Le JDD, sous la signature de Louise Dugast, a confirmé la révélation puis la publication. Franceinfo a titré « Au cœur de l’été, un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France ». ICI a publié un article équivalent. La chronologie tient debout sans qu’on ait besoin d’y ajouter quoi que ce soit.

Sur le reste, nous nous arrêtons là où s’arrêtent les pièces. Le Canard enchaîné, dans son édition du 5 août 2026, met en cause la ministre de la Santé et écrit que le directeur de l’IGAS en réclamait la publication depuis des mois. C’est une allégation du Canard enchaîné. Nous ne la reprenons pas à notre compte. Aucune pièce publique ne documente à ce jour une intention de dissimulation. Le motif le plus souvent avancé, l’embarras politique et la contradiction avec la politique de natalité, est une interprétation journalistique, pas un fait établi. Le ministère de la Santé n’a pas rendu publique, dans les sources que nous avons consultées à l’heure où nous écrivons, de réponse à cette allégation. Nous la publierons dès qu’elle sera connue.

Pièce à conviction · ce qui est daté, et par qui

- 10 avril 2025 · l’INSEE publie Insee Première n° 2048, « Un enfant sur 250 meurt avant l’âge d’un an » : 4,1 décès pour 1 000 enfants nés vivants en 2024, contre 3,3 pour 1 000 en moyenne dans l’Union européenne, et environ 2 700 décès d’enfants de moins d’un an sur l’année (chiffre arrondi dans la publication).
- 2022 · l’INED situe la France au 23e rang des 27 États membres de l’Union européenne, dans sa fiche « Mortalité infantile plus élevée en France que chez ses voisins ». Ce rang est celui de 2022\. Il n’est pas celui de 2024.
- 2015 · année à partir de laquelle, selon l’INSEE, le taux français passe au dessus de la moyenne de l’Union européenne. En 2023 : France 4,0 pour 1 000, Union européenne 3,3 pour 1 000.
- Janvier 2026 · le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, 304 pages, est remis au gouvernement. Il donne 2 709 décès d’enfants de moins d’un an en 2024, chiffre relayé par Le JDD et Politique Matin en août 2026.
- 5 août 2026 · Le Canard enchaîné révèle l’existence du rapport non publié. Le rapport est rendu public au début du mois d’août 2026\. Le JDD (Louise Dugast), franceinfo et ICI documentent la séquence. Selon Le Journal International de Médecine, le rapport conclut que la hausse de la mortalité infantile n’est pas due à la fermeture des maternités.

## Ce que nous ne publions pas

Une enquête se juge aussi à ce qu’elle laisse dehors. Nous ne publions pas le nom des auteurs du rapport : il n’apparaît, dans ce que nous avons pu lire, que sur un agrégateur secondaire, et ni Le JDD, ni franceinfo, ni l’IGAS ne le confirment. Nous ne publions pas l’annonce, datée du 8 juillet, d’une nouvelle mission qui viendrait doubler le rapport existant : une seule source secondaire la porte. Nous ne citons pas Santé publique France, qui ne publie pas ces trois chiffres, alors que son nom aurait fait sérieux au bas d’un article. Et nous n’écrivons pas que le rapport a été enterré, parce qu’il ne l’est plus : il est en ligne. Le fait exact est celui-ci, et il suffit. Retenu sept mois, publié après une révélation de presse.

Il reste le chiffre. Un enfant sur 250, en France, ne verra pas son premier anniversaire. La courbe n’est pas une découverte de cette semaine : en avril 2022, The Lancet alertait déjà sur l’augmentation de la mortalité infantile en France, et nous l’avions documenté ici. Quatre ans plus tard, l’administration a produit 304 pages sur cette courbe. Elles ont mis sept mois à devenir lisibles par ceux qu’elles concernent. Ce délai est le seul élément du dossier qui ne dépendait ni d’une inégalité sociale, ni d’une distance jusqu’à la maternité.

DANS NOS ARCHIVES

- [The Lancet alerte sur une « augmentation historique de la mortalité infantile en France »](https://apar.tv/the-lancet-alerte-sur-une-augmentation-historique-de-la-mortalite-infantile-en-france/) 2022-04-14
- [Vers la mort annoncée du Canard Enchaîné ?](https://apar.tv/vers-la-mort-annoncee-du-canard-enchaine/) 2026-01-27
- [« Une fâcheuse tendance à envoyer des photos de son engin à ses musiciens » : le Nîmois François-Xavier Roth épinglé par le Canard enchaîné](https://apar.tv/une-facheuse-tendance-a-envoyer-des-photos-de-son-engin-a-ses-musiciens-le-nimois-francois-xavier-roth-epingle-par-le-canard-enchaine/) 2024-05-26
- [« Le Canard enchaîné » soupçonné d’emploi fictif, une enquête ouverte pour « abus de biens sociaux » et « recel »](https://apar.tv/le-canard-enchaine-soupconne-demploi-fictif-une-enquete-ouverte-pour-abus-de-biens-sociaux-et-recel/) 2022-08-27

PIÈCE 12/27 · ARCHIVE z/S · 05.08.26

Reste à savoir ce que l’État fait de ces 304 pages, maintenant qu’elles sont publiques.