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Société6 min

La Plateforme, l’école marseillaise dopée à l’argent public, visée par la justice

L’école du numérique fondée par Cyril Zimmermann, saluée par les visites ministérielles, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour escroquerie, abus de confiance et blanchiment aggravés.

La rédaction6 min de lectureSociété

Il y a des réussites qui deviennent trop belles pour ne pas mériter un regard. La Plateforme, école du numérique fondée à Marseille en 2019 par Cyril Zimmermann, coche toutes les cases du récit vertueux : formation gratuite aux métiers de la tech, inclusion revendiquée, visites ministérielles répétées, soutien massif des collectivités. Elle fait désormais l’objet d’une enquête préliminaire pour escroquerie, abus de confiance et blanchiment aggravés.

L’affaire est révélée par le média marseillais Marsactu. L’enquête est conduite par la brigade financière et l’Office anti-fraude, et s’intéresse au modèle de financement de l’établissement. Or ce modèle repose largement sur des fonds publics : la métropole Aix-Marseille-Provence, la région PACA, le département des Bouches-du-Rhône, aux côtés de partenaires privés comme le Crédit Agricole Alpes Provence et le club d’entreprises Top20.

Une école gratuite, financée par la collectivité, adoubée par les ministres. Quand la justice s’intéresse aux flux, c’est tout le récit vertueux qui demande des comptes.

Ce que l’enquête vise, ce qu’elle ne dit pas encore

Soyons précis, parce que la présomption d’innocence n’est pas une formule. À ce stade, il s’agit d’une enquête préliminaire : aucune condamnation, aucune mise en examen rendue publique. Les qualifications retenues, escroquerie, abus de confiance, blanchiment aggravés, disent la direction du soupçon, pas son aboutissement. Ce qui est en jeu, c’est la traçabilité de l’argent public dans une structure qui en a beaucoup reçu, et beaucoup mis en avant.

C’est exactement le point où la vigilance démocratique doit s’exercer sans procès d’intention. Quand une institution vit d’argent public et se pare des honneurs politiques, la moindre des choses est que les flux résistent à l’examen. Nous posons la même exigence à chaque fois que la puissance publique et l’argent se croisent, comme dans notre dossier Médias et pouvoir.

Élèves en atelier technologique
La promesse de La Plateforme : former gratuitement aux métiers du numérique, dans une ville qui en avait besoin. L’enquête ne juge pas cette promesse, elle interroge la circulation de l’argent qui l’a financée. Photo Adobe Stock · illustration

Nous suivrons l’instruction marseillaise. Une école du numérique n’est pas suspecte parce qu’elle réussit. Elle le devient si l’argent qui l’a portée ne se laisse pas suivre à la trace. C’est toute la différence, et c’est celle que la justice devra établir.

▶ SOURCE · presse
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La révélation de Marsactu sur l’enquête préliminaire visant La Plateforme et son modèle de financement public.

Quand l’argent public se croise avec le pouvoir, on demande des comptes. · CONSCIOUSNESS · z/S SYSTEMS

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