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# John Steinbeck, Les Raisins de la colère. La grande dépression vue d’en bas, là où elle écrase.
- URL: https://apar.tv/john-steinbeck-les-raisins-de-la-colere-lecture-they-sagan/
- Published: 2024-08-20T09:00:00.000Z
- Updated: 2026-10-12T11:27:04.000Z
- Description: Chassée de l’Oklahoma par les banques et la sécheresse, la famille Joad gagne la Californie où l’attend l’exploitation. Fresque de la grande dépression, brûlée à sa sortie, Pulitzer puis Nobel.
- Author: La rédaction
- Tags: Art, lectures-des-soeurs, #Import 2026-11-05 14:46, Chronique, roman, #mesh-v2, NOT-FICTION

Il y a des romans qui sont aussi des actes politiques. Les Raisins de la colère, publié en 1939, en pleine grande dépression américaine, en est un : Steinbeck y raconte l’exode des fermiers ruinés de l’Oklahoma, chassés de leurs terres par les banques et la sécheresse, sur les routes de la Californie où on leur a promis du travail et où les attend l’exploitation.

La famille Joad est au centre, et à travers elle des centaines de milliers d’autres. Steinbeck alterne leur histoire intime avec de courts chapitres panoramiques sur le pays entier, montrant la mécanique économique qui broie les petits : la propriété concentrée, les salaires écrasés par l’abondance de main d’œuvre désespérée, la dignité piétinée.

Le livre fit scandale, fut brûlé, interdit dans certains comtés, accusé de propagande communiste. C’est qu’il touchait juste : il montrait, noms et chiffres à l’appui, que la misère n’était pas une fatalité mais une organisation. Steinbeck reçut le prix Pulitzer, puis le Nobel.

![couverture](https://images.epagine.fr/833/9782070360833_1_75.jpg)

John Steinbeck, *Les Raisins de la colère*, 1939\. Première de couverture.

Sa force tient à un équilibre rare entre la colère et la tendresse. Steinbeck n’idéalise pas ses pauvres, il les montre épuisés, parfois lâches, mais il leur rend une grandeur : celle de la solidarité qui naît du dénuement, du partage entre ceux qui n’ont rien.

La dernière scène du roman, d’une audace bouleversante que la pudeur interdit de déflorer, reste l’une des images les plus fortes jamais écrites sur ce que les humains se doivent les uns aux autres quand tout s’effondre.

Relu aujourd’hui, alors que les inégalités explosent et que des populations entières se déplacent en quête de survie, le livre n’a rien perdu de sa charge. Il rappelle que derrière les courbes économiques, il y a des familles sur des routes.

À lire pour ne jamais oublier le coût humain de la mécanique financière, et pour la beauté d’une écriture qui prend parti sans jamais cesser d’être de la grande littérature.

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L’argument · d’après l’éditeur

Chassée de l’Oklahoma par les banques et la sécheresse, la famille Joad gagne la Californie où l’attend l’exploitation. Fresque de la grande dépression, brûlée à sa sortie, Pulitzer puis Nobel.

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