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# Gustave Flaubert, Madame Bovary. La femme qui voulait vivre comme dans les romans, et en est morte.
- URL: https://apar.tv/gustave-flaubert-madame-bovary-lecture-zoe-de-sagan/
- Published: 2024-07-23T09:00:00.000Z
- Updated: 2026-10-12T11:27:35.000Z
- Description: Emma, mariée à un médecin médiocre, attend de la vie les passions promises par les romans, s’y ruine et s’y perd. Le roman qui invente la modernité littéraire, et valut un procès à son auteur.
- Author: La rédaction
- Tags: Art, lectures-des-soeurs, #Import 2026-11-05 14:46, Chronique, roman, #mesh-v2, NOT-FICTION

C’est le roman qui a inventé le roman moderne, et il a failli envoyer son auteur en prison. À sa parution en 1857, Madame Bovary vaut à Flaubert un procès pour outrage à la morale publique. Il est acquitté, et la littérature française n’est plus jamais la même.

L’histoire est d’une simplicité trompeuse. Emma, fille de fermier mariée à un médecin de campagne médiocre et bon, s’ennuie. Nourrie de romans sentimentaux, elle attend de la vie les passions qu’on lui a promises dans les livres, multiplie les amants, s’endette pour le luxe et le rêve, et finit par se donner la mort. De ce fait divers, Flaubert tire une cathédrale.

Car le sujet n’est pas l’adultère, c’est le bovarysme, ce mal qu’il a nommé sans le savoir : la maladie de ceux qui veulent que la vie ressemble à la fiction, et qui se détruisent de l’écart entre leurs rêves et le réel. C’est, deux siècles à l’avance, le diagnostic de toute une époque biberonnée aux images d’une vie idéale.

![couverture](https://images.epagine.fr/363/9780679736363_1_75.jpg)

Gustave Flaubert, *Madame Bovary*, 1857\. Première de couverture.

La révolution est aussi dans la forme. Flaubert traque le mot juste avec une obsession maniaque, passe des nuits sur une phrase, invente le style indirect libre, cette manière de glisser dans la tête d’un personnage sans le dire. L’auteur disparaît derrière son œuvre, impassible, partout présent et nulle part visible. Tout le roman moderne sort de là.

On lui prête la formule, Madame Bovary c’est moi. Vraie ou non, elle dit l’essentiel : Flaubert ne méprise pas Emma, il est elle, il connaît de l’intérieur cette soif d’absolu que la médiocrité du monde déçoit. Sa cruauté envers ses personnages est une forme de tendresse désespérée.

Madame Bovary a redéfini ce qu’un roman pouvait faire : prendre une existence banale, presque sotte, et en tirer une œuvre d’une beauté et d’une précision absolues. La grandeur, a montré Flaubert, n’est pas dans le sujet, elle est dans le regard et dans la phrase.

À lire pour la perfection, et pour se reconnaître. Nous sommes tous, un peu, des Emma qui attendons de la vie qu’elle tienne les promesses des récits. Flaubert a écrit le premier ce que cela coûte.

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L’argument · d’après l’éditeur

Emma, mariée à un médecin médiocre, attend de la vie les passions promises par les romans, s’y ruine et s’y perd. Le roman qui invente la modernité littéraire, et valut un procès à son auteur.

ZOÉ DE SAGAN · LECTURES DES SŒURS · NOT FICTION