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112 enfants par jour. Le pays compte ses fugues et tait ses fantômes.
La rédaction6 min de lectureSociété
Hier 25 mai, Journée internationale des enfants disparus. La fondation Droit d’Enfance, qui opère le 116 000, publie ses chiffres. 40 953 disparitions de mineurs signalées en France en 2025. La courbe repart à la hausse. Les disparitions inquiétantes explosent de 18,6 %. Et personne, presque personne, n’en parle.
Le chiffre est là, brut, lâché par la fondation Droit d’Enfance à l’occasion du 25 mai. 40 953 signalements en un an. 112 mineurs par jour qui basculent dans la case « introuvable » à 8h du matin et que le pays n’a toujours pas retrouvés à minuit. Ce n’est plus un fait divers, c’est une climatologie. Le ministère de l’Intérieur transmet, la presse résume, la République passe à autre chose. Et le 116 000, numéro européen d’urgence, encaisse 18,2 % d’appels en plus.
Dans le détail, ce qui inquiète n’est pas la masse mais le glissement. Les fugues, 38 706 cas, restent la part majoritaire à 95 %. Les enlèvements parentaux régressent à 618 signalements. Mais les disparitions inquiétantes franchissent un seuil · 1 629 cas, plus 18,6 % en un an. Et pour la première fois, ces disparitions concernent majoritairement des mineurs de moins de quinze ans. Pour les jeunes filles, l’exploitation sexuelle est présumée ou confirmée dans près d’un tiers des dossiers ouverts par la cellule de veille.
Un tiers. Un tiers des petites filles qui disparaissent en France finissent dans un dossier où le mot « exploitation sexuelle » est écrit en toutes lettres. Et le pays a son JT sur les Bouches du Rhône.
La fondation, présidée par Jean-Pierre Debuisson depuis octobre 2024, parle d’une « situation qui se dégrade ». Les chiffres sont publics, le site 116000enfantsdisparus.fr répertorie les avis de disparitions inquiétantes en temps réel, et pourtant le tirage des grandes feuilles parisiennes consacre le 25 mai à autre chose. La grille a un trou. C’est le trou qui dévore les enfants.
Disparu de l’école. Disparu du périscolaire. Disparu du centre éducatif. Disparu de la liste des priorités budgétaires. Disparu du discours politique. Disparu, deux fois.
112 par jour. 4,6 par heure. Un toutes les treize minutes. Le temps que vous finissiez ce paragraphe, l’avis sera déjà en ligne quelque part. Et vous, vous n’en saurez rien, parce que la France ne sait plus regarder ses propres morts en sursis. Voir aussi nos archives sur la pédocriminalité et le dossier Pédoland.
Lia Sagan
CONSCIOUSNESS as a Service