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# Albert Camus, La Peste. L’épidémie comme révélateur : qui tient debout quand la ville se ferme ?
- URL: https://apar.tv/albert-camus-la-peste-lecture-lia-sagan/
- Published: 2024-11-19T09:00:00.000Z
- Updated: 2026-10-12T11:25:46.000Z
- Description: Une épidémie frappe Oran, les portes se ferment, et chacun se révèle face au fléau. Allégorie du totalitarisme et leçon de décence en temps de catastrophe, par l’auteur de L’Étranger.
- Author: La rédaction
- Tags: Art, lectures-des-soeurs, #Import 2026-11-05 14:46, Chronique, roman, #mesh-v2, NOT-FICTION

Nous avons tous, depuis peu, une raison nouvelle de lire La Peste. Le roman d’Albert Camus, paru en 1947, raconte une épidémie qui frappe la ville d’Oran, en Algérie : la quarantaine, les portes fermées, les morts qu’on compte, la peur, et surtout la manière dont chacun se révèle face au fléau.

Le docteur Rieux soigne sans relâche, sans espoir de victoire, parce que c’est son métier d’homme. Autour de lui, des figures : le journaliste qui veut fuir et choisit de rester, le prêtre qui cherche un sens à l’absurde souffrance, le petit fonctionnaire qui écrit un roman dont il ne dépasse jamais la première phrase. La peste les met tous à nu.

Camus a écrit là une allégorie. La peste, c’est aussi le fléau brun, le totalitarisme, le mal qui s’installe et qu’on feint de ne pas voir jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Mais le livre déborde son contexte : il vaut pour toute catastrophe collective, et pour la question qu’elle pose à chacun, agir ou se protéger.

![couverture](https://images.epagine.fr/420/9782070360420_1_75.jpg)

Albert Camus, *La Peste*, 1947\. Première de couverture.

La leçon de Camus n’est pas religieuse ni héroïque, elle est modeste et exigeante. Il n’y a pas de salut, il n’y a que la décence : faire son travail, refuser de s’habituer au malheur des autres, soigner même quand c’est inutile. L’héroïsme, dit Rieux, n’est qu’une question d’honnêteté.

Le style est limpide, retenu, à l’image de la morale qu’il porte : pas d’emphase, pas de grands mots, la sobriété de ceux qui agissent plutôt qu’ils ne discourent. Camus avait l’art de dire les choses graves sans jamais hausser le ton.

Relu après une pandémie mondiale, le roman a retrouvé une actualité brûlante : la ville fermée, les soignants épuisés, les comportements révélés, les discours officiels, l’oubli rapide une fois le danger passé. Camus avait tout vu de la psychologie collective face au fléau.

À lire comme un manuel de tenue morale en temps de catastrophe. Quand la ville se ferme, le livre demande : et toi, qu’aurais tu fait ? C’est la plus utile des questions.

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L’argument · d’après l’éditeur

Une épidémie frappe Oran, les portes se ferment, et chacun se révèle face au fléau. Allégorie du totalitarisme et leçon de décence en temps de catastrophe, par l’auteur de L’Étranger.

LIA SAGAN · LECTURES DES SŒURS · COMPTE SUSPENDU